déplacement du M.I.N : un projet nébuleux

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Monsieur le président

Nous ne voterons pas cette délibération. Pour deux raisons :

la première, comme vous pouvez vous en doutez, nous sommes contre le transfert du MIN à la Baronne, et la seconde votre projet de reconstruction du MIN pour en faire une plateforme de distribution agroalimentaire et de développement est inabouti voire un peu nébuleux.

Vous nous présentez une délibération qui vise à choisir entre une MOP et un Contrat de Partenariat PPP pour la construction du futur MIN en plateforme agroalimentaire.

Si la question du recours à une MOP ou à un CP est pertinente, il n’en reste pas moins que la délibération que vous nous proposez est prématurée.

Vous posez la question de la forme du financement avant d’avoir résolu la question du fond du projet.

S’il ne s’agit que de déménager simplement le MIN à la Baronne alors la question du financement se pose.

Or, il ne s’agit pas d’un simple déménagement, mais il semblerait que vous optiez pour la réalisation d’une plateforme agro-alimentaire, je vous cite :

« La Métropole porte l’ambition économique de développer une plate-forme performante de distribution agro-alimentaire afin de faciliter la distribution des produits sur son territoire et de valoriser la production agricole locale au travers de circuits courts. Elle a par ailleurs la volonté d’accompagner le secteur de la production horticole qui souffre d’une forte concurrence internationale au moyen d’un outil de distribution et de commercialisation rénové et performant »

Alors là, il se pose un sérieux problème sur la délibération que vous nous proposez, car comment peut-on à ce point mettre les bœufs avant la charrue.

Vous parlez de valoriser la production locale agricole aux travers de circuits courts.

Mais Monsieur le président, il ne suffit pas de le dire, encore faut-il prévoir les actions de soutien à cette production locale. Développer les circuits courts cela nécessite de mettre en place des structures d’aides et de suivi. Aider à la production locale, c’est aider au maintien et à l’installation d’exploitants agricoles en ayant une politique foncière et incitative en gelant la construction sur terres agricoles…

Or lorsque l’on jette un coup d’œil sur le budget primitif qui nous a été présenté précédemment, seulement 175 000 euros dont 125 000 en investissement sont affectés aux actions économiques de soutien aux activités agricoles (p 60 et 61 du budget principal) auxquels il faut rajouter les 200 000 euros d’aides aux communes (sur les exercices 2015 et 2016) en vue de soutenir les activités agropastorales de l’arrière-pays que nous avons voté dans cette même assemblée le 30 juin dernier.

Si vous aviez réellement une politique de développement des activités agraires sur la métropole, peut-être y consacreriez-vous un peu plus que les quelques malheureux 0.03 % du budget.

Il semble aussi que vous ayez oublié qu’un circuit court ce n’est pas seulement diminuer la distance kilométrique entre le producteur et le MIN, ça veut aussi dire mettre en place des structures qui mette en relation direct le producteur avec le consommateur.

Par conséquent, si le futur MIN doit valoriser les circuits courts, il faut aussi penser que le projet doit prévoir des locaux adaptés à l’ouverture tout publique et pas seulement aux professionnels, ça veut dire alors d’autres normes et des réglementations différentes.

Par conséquent, les locaux doivent répondre à une organisation différente ce qui va impacter indubitablement sur le montant global du projet. Comme le dit un dicton populaire « Remettons l’église au centre du Village ». Le pragmatisme impose qu’on réalise une étude de faisabilité et que les locaux soient adaptés au projet que l’on désire réaliser.

Sincèrement, je ne pense pas que vous fassiez cette erreur.

Par contre je pense sincèrement que vous envoyez le MIN à la Baronne parce qu’il vous gênait pour la réalisation de votre projet du Grand Arenas qui est, par contre une de vos priorités de cette mandature.

Et pour la circonstance, vous habillez votre délibération d’un petit discours incantatoire à la mode sur les circuits courts.  En définitive, nous sommes devant un projet d’aménagement qui répond à un simple jeu de chaises musicales.

La précipitation du montage du financement du projet ainsi que les miettes du budget alloué au développement de l’agriculture métropolitaine prouve que ce projet est le cadet de vos soucis .Il fallait faire place nette au Grand Arenas, et vous envoyez, pour cela, le MIN à la Baronne : comme on dit sur les marchés : emballer c’est peser !

Je conclurai mes propos par une simple remarque concernant le document du rapport d’évaluation. Je ne reviendrai par sur la méthode des calculs savants des simulations qui permettent de faire le choix du CP. Par contre, je tiens à faire signaler à notre assemblée, quelques coquilles.

P 72, du même rapport, dans le tableau d’évaluation des risques du projet MOP, dans la section « appels d’offre infructueux et dépassements», on constate que la somme des probabilités des risques n’est pas égale à 100% mais à 95 %.

Un petit oubli de 5 %, me diriez-vous, mais qui peut se chiffrer aux alentours des 528 000 euros, une bagatelle.

P 78, dans le tableau d’évaluation des risques du CP, nous retrouvons une erreur de ce type sur le calcul des délais supplémentaires en phase de conception, la somme des probabilités des erreurs est égale à 90 % et non à 100%.

Là encore, l’erreur reste marginale.

Si ces coquilles ne changent rien aux conclusions, je reste un peu étonné que de telles erreurs n’aient pas été corrigées avant de nous présenter le document. Quand il s’agit de l’argent du contribuable, la moindre des choses serait de produire des documents sans erreurs, d’autant plus que les montants sont considérables : un équipement qui va nous couter sur 30 ans pas loin de 230 millions d’euros de loyer (7.13 *30 ans), encore un petit cadeau pour enrichir notre dette durable.

Merci

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