Arrêt du Plan Climat Air Énergie Territorial Métropolitain

Conseil métropolitain du vendredi 22 mars 2019

Délibération 0.1 – Arrêt du Plan Climat Air Energie Territorial Métropolitain

M. LE PRÉSIDENT

Je vais maintenant présenter quatre dossiers. C’est un temps de parole, je le précise aussi, groupé en conférence des présidents pour les délibérations 0.1 et 0.2 de 8 minutes.

Rapport 0.1 : il s’agit de l’arrêt du Plan Climat Air Energie Territorial Métropolitain. Le plan climat que nous proposons aujourd’hui est bien plus qu’un outil réglementaire. Il vient nourrir notre réflexion et transformer toute la dynamique du territoire en action, pour préserver notre qualité de vie et nos paysages exceptionnels.

Si le premier Plan Climat de Nice Côte d’Azur 2013-2018 a apporté de nombreuses avancées et des réalisations permettant d’aboutir à une baisse des émissions de 10 % de gaz à effet de serre. Les efforts entrepris doivent être amplifiés pour nous permettre de changer d’échelle et d’aller plus vite dans la transition écologique. C’est tout l’objet du Plan Climat 2019-2025 qui vous est présenté et qui rend compte de la contribution de la métropole à cet effort qui doit être collectif. Grâce à une très large concertation qui a mobilisé l’ensemble des acteurs du territoire, ce nouveau plan climat détermine sur la base d’un diagnostic détaillé, la stratégie et les moyens d’actions qui nous permettront de viser collectivement cet objectif ambitieux. Par exemple, en matière d’émissions de gaz à effet de serre, nous visons une réduction de 22 % à l’horizon 2026 avec une trajectoire de neutralité carbone en 2050. Compte tenu du champ de compétence de la métropole, le volume d’émissions de gaz à effet de serre qu’il s’agit d’économiser en six ans s’élève à 182 000 tonnes équivalent carbone. Au regard des solutions et moyens d’actions de la métropole et de sa capacité à agir, il a été décidé de répartir ces efforts sur quatre leviers forts :

Tout d’abord, la réduction de la part modale du véhicule thermique pour un effort de réduction de 126 000 tonnes équivalent carbone.

Deuxièmement, l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments existants pour 32 000 tonnes équivalent carbone.

Troisièmement, le développement des énergies renouvelables pour 14 000 tonnes équivalent carbone.

Quatrièmement, l’amélioration du traitement des déchets pour 10 000 tonnes équivalent carbone. Le travail qui vous est proposé aujourd’hui est important en volume, il comporte plus de 150 fiches actions venant traduire concrètement notre stratégie. Je remercie Monsieur Louis Nègre, le maire de Cagnes-sur-Mer et Président délégué de la métropole. Il a été au Sénat pendant neuf ans, un parlementaire particulièrement actif en la matière. Dès 2009, en étant rapporteur de la loi Grenelle 2 de l’environnement, en co-rédigeant en 2011, le livre vert sur les véhicules décarbonés et enfin en 2014-2015 en étant rapporteur de la loi sur la transition énergétique dont les amendements étaient tous acceptés par Mme Ségolène Royal, ministre de l’environnement, chargée du climat. Fort de cette expérience, il préside aujourd’hui le comité de pilotage en charge de l’élaboration du Plan Climat. Je souhaite également remercier l’ensemble des maires élus et Présidents de commissions qui ont travaillé sur ce sujet depuis bientôt un an. Je remercie, également, l’ensemble des services de la métropole avec, au premier rang, l’agence de la performance énergétique qui pilote le projet.

Je vais maintenant laisser la parole à M. Louis Nègre, à M. Philippe Pradal, à M. Hervé Paul, à M. Pierre-Paul Leonelli, à Mme Dominique Estrosi-Sassone et à M. Jean-Michel Sempéré, qui vont intervenir pour développer les mesures prises dans chaque secteur.

Pour le rappel du calendrier global, je passe la parole à notre président délégué, Louis Nègre.

[…]

 M. ALLEMAND.

Merci, Monsieur le Président. Je souhaite prolonger l’intervention de Fabrice Decoupigny sur un sujet que j’estime essentiel, celui des déplacements et des transports routiers ou non routiers.

Si l’on veut atteindre les objectifs Climat Air Énergie, c’est là qu’il faut agir.

Le document précise que les déplacements réalisés en ville représentent la part majoritaire des consommations d’énergie, 60 %, et le véhicule individuel, 62 % de ces 60 %. L’enjeu crucial est là : C’est pour cela qu’il faut, après la L3, enchaîner sur le dernier maillon manquant, celui de Pasteur-La Trinité, par l’extension de la ligne 1 afin d’absorber une partie de la circulation venant des vallées, et commencer le prolongement vers Cagnes-sur-Mer.

C’est encore là que doivent se situer les investissements prioritaires du prochain mandat. Comme il est essentiel de faire progresser la part modale du vélo qui n’est que 1,4 % à Nice, ce qui ne m’étonne pas quand on voit l’état et les incohérences du réseau des pistes cyclables.

Les mesures de dioxyde d’azote sont claires. La part des poids-lourds sur l’A8 est quasiment égale à 40 % du trafic. Que comptez-vous faire face à ce chiffre inquiétant sachant que poids-lourds ou pas, la consommation d’énergie de ce qui roule est à 93 % des produits pétroliers. Le gaz ne représente que 0,17 % et l’électricité à peine 0,06 %. Cela fait beaucoup de communication pour pas grand-chose. C’est la réalité des chiffres et en même temps l’aveu de votre impossibilité de construire une véritable politique publique cohérente.

Il y a quelques années, je parlais d’un avant et d’un après Mescla, ce qui avait le don de vous énerver. Mais, cet avant et cet après, c’est vous qui êtes en train de le construire. Il y a actuellement dans la métropole 128 stations de recharges et bornes privées. Sur ces 128, savez-vous combien il y en a après Saint-Martin-du-Var ? Trois ! Trois pour les trois-quarts de la superficie de la métropole. Et, par contre, vous mettez en place un chèque énergie de 20 € par mois pour faciliter les achats en carburants, alors que la fiscalité écologique a été annulée par le gouvernement. Un véritable effet d’aubaine.

Même s’il faut relativiser, puisque les moyens de transports autres que routiers ne représentent que 4 % de la consommation d’énergie, il nous faut aussi prendre en compte les défis des transports aériens et maritimes qui, eux, ne consomment que des produits pétroliers.

C’est pour cela que le ferroviaire est un enjeu essentiel et qu’il faut tout faire pour faire accélérer la construction de la Nouvelle Ligne Ferroviaire. Et, pour rester cohérent, il ne faut pas donner suite aux études, que notre contribuable finance, pour réaliser un grand port de commerce à l’aéroport, capable d’accueillir les grands navires de croisières extrêmement polluants.

C’est pour la même raison que l’aéroport doit faire l’objet d’un partenariat étroit avec la métropole. Car même si notre aéroport est classé 3+, ce qui est très positif, cela ne doit pas nous faire oublier que le décollage d’un Boeing 747 pollue autant que mille véhicules diesel parcourant chacun 25 kilomètres.

Je vous remercie.

[…]

M. LE PRÉSIDENT.

C’est moi qui vous remercie de cette intervention que je partage, une fois n’est pas coutume.

Dans quelques instants, notre Secrétaire général de la préfecture, représentant le gouvernement, l’Etat français, Mme Françoise Taheri nous rejoindra à cette tribune, et s’y exprimera, et M. Leroy, le président de l’ADEME viendra prendre place et s’exprimera aussi avant que nous ne signions ensemble ce Plan Climat Energie au terme de ce débat, après que nous soyons passés au vote.

Bien sûr, je partage, au fond, Monsieur Bettati, ce que vous venez d’exprimer. J’ai toujours considéré qu’en matière d’environnement il y avait urgence à agir, mais qu’agir n’était pas contraindre. Agir, c’était offrir des solutions, prendre des initiatives, et ensuite inciter les gens à se les approprier librement. Dire « on interdit la bagnole ici », « on taxe le carburant ou on met une taxe écologique, là- bas », je pense que ce sont des erreurs fondamentales. Je pense que lorsqu’on offre des solutions alternatives, ceux qui ont envie de les emprunter les empruntent, ceux qui n’en ont pas envie ne le font pas, ce n’est pas l’un contre l’autre, c’est l’un ou l’autre. On voit très bien que lorsqu’on offre des solutions alternatives, tout doucement, les gens se les approprient.

Je salue mon prédécesseur qui a réalisé la ligne 1 du tramway à Nice et qui a fait un grand parc relais au nord de Nice, à la sortie de Nice nord, sur l’autoroute. Nous avons lancé cette politique de parc relais. Le parc du Rouret était vide, les gens disaient : « je continuerai à descendre en ville en bagnole ». Aujourd’hui, il est plein et nous avons des projets d’extension. Pourquoi ? Parce que les mêmes qui disaient cela ont fini par comprendre que pour leur confort, prendre un ticket à 2 €, laisser la bagnole et descendre avec un transport en commun en site propre en ville pour aller au boulot, à la fac, au lycée ou faire ses courses, est plus efficace.

C’est la liberté d’action. Lorsqu’on dit « vous roulez avec un véhicule qui a tel âge, on va vous taxer ». « La taxe sur les carburants, on va la monter. » J’y suis favorable dans certaines conditions puisque je réclame notamment que tous les transports internationaux qui, depuis la Croatie jusqu’au Portugal font le contournement de Nice et de notre département et traversent notre région en ne laissant que des déchets, aient une taxe écologique à la frontière. Je la réclame. Quand je vois les taxes que l’on fait payer au tunnel du Mont Blanc et au tunnel du Fréjus, et que l’on ne taxe pas dans les mêmes proportions le troisième passage alpin, ici, à Menton Vintimille, c’est une incitation à passer chez nous et à faire de notre territoire une poubelle. C’est inadmissible. Il faut imposer du ferroutage, du merroutage, et il serait souhaitable qu’au plan européen, au moment où s’ouvre le débat européen, des initiatives fortes soient prises en ce domaine. Ceux-là doivent payer, parce que c’est une lourde atteinte à la santé publique. Mais dire à nos concitoyens qui font des déplacements dans notre propre métropole, quelquefois de 60 ou 80 km par jour, pour venir de la montagne en ville, que c’est « tant de taxe en plus », ce qui à la fin du mois peut représenter 50, 100, 150 ou 200 € de plus dans un budget familial, c’est scandaleux, c’est inadmissible, et nous nous y opposons. Certains veulent imposer, mais nous proposons des solutions alternatives, des coûts extrêmement faibles sur les transports, de l’amélioration de nos voiries et autres.

Monsieur Decoupigny, vous avez dit que tout ce que nous proposons « ce sont des mesurettes ». Je fais un parallèle entre les séances où vous dites : « cette ligne de tramway entre l’est et l’ouest, c’est scandaleux ! Cela représente un investissement, vous vous endettez sur vingt ou trente ans, sur l’avenir »!

M. DECOUPIGNY

(hors micro) On était contre le tunnel, ce n’est pas la même chose.

M. LE PRÉSIDENT

C’est la même chose ! Monsieur Decoupigny, je vous prends en défaut, vous ne pouvez pas dire : « vous ne faites rien pour limiter la circulation sur la Promenade des Anglais « , et en même temps lorsque je propose d’avoir un transport en tunnel qui permet de transporter 70 000 usagers/jour de plus par jour qu’un transport en surface, vous dites que je ne fais rien pour limiter la circulation sur la Promenade des Anglais. Vous êtes pris en flagrant délit de contradiction, parce que si l’on n’est pas capable de transporter par transport en commun 70 000 usagers/jour de plus, vous ne réduisez pas la circulation sur la Promenade des Anglais. Monsieur Decoupigny, cela démontre votre incompétence la plus totale !

(Applaudissements sur les bancs de la majorité).

Vous dites que cela coûte 200 M€ de plus d’investissements. Faites le calcul de ce que rapportent sur vingt ans 70 000 usagers/jour de plus par jour ! 365 jours par an, 70 000 usagers/jour de plus. Vous êtes incompétent en matière de calcul sur une période d’amortissement de vingt ans. Parce que quand on fait un investissement on calcule son amortissement sur vingt ans !

Mais surtout, ne confiez jamais la gestion de votre entreprise à M. Decoupigny, vous êtes sûr de faire faillite immédiatement !

(Protestations de M. Decoupigny).

Monsieur Decoupigny, dire qu’investir 900 M€ sur une ligne de tramway est une mesurette ; dire que cette ligne de tramway d’ici à la fin de l’année supprimera 800 bus qui roulent au diesel sur l’axe est-ouest par jour est une mesurette !

(Fortes protestations de M. Decoupigny).

Monsieur Decoupigny, on se calme ! Je vous ai écouté, nous avons commencé le Plan Climat il y a dix ans, on n’a pas attendu de l’inventer aujourd’hui ! Dire que c’est une mesurette de supprimer 800 bus par jour qui roulent au diesel ! Dire qu’il n’y aura plus que 150 bus d’ici à l’année prochaine qui traversent l’axe est-ouest, qui ne seront plus des bus thermiques mais des bus à énergie propre, ce sont des mesurettes ! Dire, Monsieur Decoupigny, avec M. Allemand, qu’en plus il faudrait mettre le tarif du tramway que nous mettons en service à 6 € plutôt qu’à 1 €, c’est sûr, c’est très incitatif pour limiter la circulation sur la Promenade des Anglais ! Je vous félicite ! Monsieur Decoupigny, ce sont de très bons raisonnements et de très bons calculs ! Pour nous, le mettre à 1 € et le maintenir à 1 €, ce n’est pas une mesurette.

(Applaudissements sur les bancs de la majorité).

La Promenade des Anglais est en chantier aujourd’hui, après un chantier de 35 M€, non seulement pour l’embellir, mais pour réduire son espace de circulation et inciter à prendre les transports en commun, auxquels nous rajoutons en ce moment 30 M€ pour finir la dernière partie entre Lenval et Ferber, oui, c’est aussi une mesurette pour vous, Monsieur Decoupigny, nous ne mettons pas les moyens nécessaires ! Aménager 12 hectares d’espaces verts à la place d’une gare routière, d’un parc de 250 places, d’un McDo, d’une station service en plein cœur de la vieille ville, c’est pour vous une mesurette en matière d’environnement et de Plan Climat Energie ! Planter 6 200 arbres dans la ville en 2019, c’est pour vous une mesurette ! 25 hectares d’espaces verts de plus en dix ans, Monsieur Decoupigny, c’est pour vous, en matière de Plan Climat Energie, une mesurette !

Et enfin, Monsieur Decoupigny, parce que je sais que vous avez quelques raisons d’être intéressé par le campus que nous avons en réalisation aujourd’hui et qui sera livré pour partie et mis en service à la rentrée prochaine, un campus universitaire dédié à l’innovation et à l’écologie et aux éco-industries, l’Institut méditerranéen des risques et de l’environnement et du développement durable en chantier au cœur de notre Écovallée, bien évidemment, c’est une mesurette en matière environnementale, d’y former nos techniciens, nos ingénieurs du futur !

L’Allianz Riviera : 270 M€ d’investissements, dont 20 % du coût de la réalisation d’un grand stade en fait un stade à 100 % autonome qui produit 25 % d’énergie complémentaire pour les territoires environnants, c’est une mesurette !

Enfin, lorsque M. Allemand nous dit : « il faudrait poursuivre le tramway vers Cagnes-sur-Mer, vous n’allez pas nous expliquer cela…

M. ALLEMAND.

Non ! Non ! Le tram à l’Ariane !

M. LE PRÉSIDENT.

J’avais cru comprendre que vous indiquiez Cagnes-sur- Mer, l’Ariane, La Trinité. Est-ce que c’est une mesurette puisque nous l’avons décidé ici et que les études seront rendues dans quelques semaines de cela et présentées aux populations de Saint-Laurent du Var et de Cagnes-sur-Mer, mais aussi à tous les administrés de la métropole qui sont intéressés par ce projet que nous conduisons avec Louis Nègre et Joseph Segura, c’est une mesurette, bien évidemment.

Et avoir lancé l’aménagement d’un transport en commun en site propre, que ce soit un BHNS ou un tramway pour desservir l’Ariane, puisque c’est ici que nous avons décidé de lancer des études comparatives et que nous arbitrerons d’ici à la fin du mois de juin sur le mode de transport que nous mettrons en œuvre, et de toute façon, ce sera arbitré parce que c’est à notre initiative et que ce n’est pas la peine de répéter tous les jours qu’ils faut faire ceci ou cela, alors que vous savez que nous l’avons décidé, que nous sommes en train de le mettre en œuvre et que nous allons le réaliser dans la moyenne des deux à six ans qui viennent, c’est-à-dire dans un délai inférieur au schéma de transport que nous avions voté en 2008. Nous aurons terminé le schéma 2030 avant 2026 sur l’ensemble de la métropole. Non, ce ne sont pas des mesurettes.

Et je peux poursuivre avec Pierre-Paul Leonelli : est-ce qu’un réseau de chaleur à 40 M€ est une mesurette, Monsieur Decoupigny, Monsieur Allemand ?

Vous parlez de l’avant Mescla, et de l’après Mescla… Ah ! Voilà un sujet très intéressant Monsieur Allemand ! Puisque dans cet hémicycle, si on vous avait écouté, la moitié des maires ne siègerait pas ici. Vous les interdisiez de séjour à l’intérieur de la métropole au-dessus de la Mescla. On a fait un écosystème vertueux qui fait –je reprends toujours cette métaphore qui me plaît tellement- que nous cogérions ensemble la neige qui fond dans les lacs, qui coule dans les torrents, qui se déverse dans les rivières, qui coule dans nos fleuves, qui alimente notre nappe phréatique, et qui fait qu’aujourd’hui nous nous donnons les moyens, avec l’usage des nouvelles technologies que nous développons nous-mêmes, dans notre opération d’intérêt national, avec nos partenaires que sont Schneider Electric, Bosch, Cisco, IBM, le CEA, Véolia ou encore EDF, qui sont venus s’installer ici pour créer des emplois à forte valeur ajoutée et faire de l’alternance avec notre Université, et nous permettre de sortir des technologies smart grids qui nous permet de découpler l’énergie nucléaire qui nous vient de Cadarache par la ligne à 400 000 volts et faire en sorte que nous n’ayons pas de déperdition avec les énergies renouvelables que nous produisons, grâce à l’hydroélectrique, au solaire, à la filière bois, au compostage, à la valorisation des déchets, à la géothermique, au projet d’exploitation de la houle marine et des micro-algues, notamment avec le laboratoire océanographique de Villefranche-sur-Mer, oui, bien sûr, ce sont des mesurettes pour l’un comme pour l’autre.

Et enfin, si je vous suis sur le problème de la ligne nouvelle ferroviaire, Monsieur Allemand, pendant des années vous avez été en charge au sein du Conseil régional, et il se trouve qu’il aura fallu que je remporte la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur et qu’avec le président du GART Louis Nègre, nous convainquions la ministre des transports d’être retenus dans les cinq seuls projets nationaux qui sont aujourd’hui retenus et qui nous permettent d’engager les chantiers sur la ligne nouvelle, tant et si bien que l’un des premiers chantiers est déjà en cours, et qu’il nous permettra d’ouvrir à l’aéroport de Nice Côte d’Azur, au cœur du pôle multimodal, en 2021, la nouvelle station ferroviaire qui fera que l’on ne prendra plus sa voiture depuis Fréjus, Cannes, Antibes, Vintimille, San Remo, la Principauté de Monaco ou Menton pour aller prendre son avion à l’aéroport de Nice Côte d’Azur, parce qu’on viendra ici en croisement avec le transport en commun en site propre, l’aéroport international, la gare routière que nous sommes en train d’aménager sur place, sans compter que la semaine dernière j’ai fait voter au Conseil régional ce que je vous avais réclamé pendant 12 ans lorsque vous dirigiez la Région avec M. Vauzelle, c’est-à-dire l’abonnement multimodal pour toutes les Alpes-Maritimes. On prend le TER, le tramway, les bus régionaux ou départementaux ou tous les autres modes alternatifs de transport avec une seule carte d’abonnement multimodal, mensuel, trimestriel, semestriel ou annuel. Enfin, nous pourrons dans les semaines qui viennent offrir un seul abonnement à nos usagers. Vous n’avez pas travaillé dans ce sens, et vous venez nous expliquer aujourd’hui ce qu’il faut faire pour les transports ferroviaires ? Eh bien c’est nous qui faisons ce que vous n’avez jamais fait. Ce ne sont pas des mesurettes qui rentrent dans le Plan Climat Energie qui est l’un des plus ambitieux de notre pays.

(Applaudissements sur les bancs de la majorité).

Les bornes électriques sur la Mescla : déjà, il faut savoir qu’il y a huit ans quand nous nous sommes lancés dans l’électromobilité avec les premiers abonnements sur les véhicules électriques, il y avait 80 km d’autonomie. Si vous montiez à la montagne avec la radio, la climatisation ou le chauffage dans la voiture, à 60 km, c’était raide. Avec les technologies qui datent de huit ans et les bornes de recharge lentes de l’époque, il y avait peu de chances d’arriver au sommet d’Isola 2000 ou d’Auron en passant la Mescla. Or, il se trouve qu’aujourd’hui les technologies sur les batteries ont évolué, et que l’on arrive couramment pour des produits, même de bas ou de moyenne gamme, à 250/350/410 km d’autonomie. Cela veut dire que maintenant nous pouvons déployer notre plan de bornes, et c’est ce qui m’a amené à signer avec Jean-Bernard Levy le Président d’EDF, à l’occasion du salon des maires, un déploiement sur les cinq années qui viennent de 480 bornes sur l’ensemble de la métropole Nice Côte d’Azur. Je peux même vous donner le programme pour les deux années qui viennent, puisqu’il y aura 36 bornes en plus des 231 que nous avons aujourd’hui, sur les collines, sur les zones dépourvues de bornes actuelles, d’abord sur la périphérie de la zone urbaine Pasteur, Larchet, Saint-Isidore, et puis nous poursuivrons le maillage du territoire avec plusieurs bornes dans les communes littorales : Cagnes, Vence, Saint-Laurent, Villefranche, Eze. Nous monterons dans les stations de ski et nous en mettrons quelques-unes dans le moyen-pays. Nous en avons déjà annoncé aux maires pour La Tour, au Belvédère, la station de Saint-Martin-Vésubie existe déjà, mais nous sommes en train de la remplacer par une nouvelle génération, et nous rajouterons Saint- Etienne, Valdeblore, Saint-Martin, La Tour et Isola. Dans les six mois qui viennent, un certain nombre de bornes seront rajoutées. S’enchaîneront Eze, La Gaude, Belvédère, Villefranche, Valdeblore, Saint-Etienne-de-Tinée sur trois secteurs que sont la Pinatelle, Nabinas, Auron. Nous rajoutons Colomars, Isola, Carros, sur Carros le neuf et le village et le micro site ouest et est du village, et Cagnes-sur-Mer notamment dans le quartier du Val Fleuri, avec une nouvelle génération de bornes, je le précise. Les anciennes générations de bornes nécessitaient environ quatorze à quinze heures de recharge. Les bornes accélérées demandent trois heures, et les bornes rapides 1h15. C’est cette nouvelle génération dont nous équipons l’ensemble de la métropole. Monsieur Allemand, nos amis du haut-pays n’auraient jamais eu, si on vous avait écouté, et si vous leur aviez imposé cette interdiction de rentrer dans la métropole, ce bénéfice de pouvoir rentrer dans notre programme d’intermodalité sur l’ensemble de la métropole.

Enfin, je réponds à Madame Arnautu, vous nous demandez d’où vient ce que mangent nos concitoyens. Je rappelle que nous avons mis en place des circuits courts. Nous avons décidé –ce n’est pas une mesurette- de bâtir un marché d’intérêt national de nouvelle génération à La Baronne, à La Gaude, qui réponde aux besoins et aux exigences nouvelles de la Chambre d’agriculture, des maraîchers, des grossistes, des producteurs, pour apporter de meilleures réponses dans ce domaine.

Je rappelle que pour certains d’entre nous –c’est le cas de la ville de Nice- nous avons repris nos cantines scolaires en régie directe. Nous servons 26 000 repas par jour. Ce n’est plus Sodexo ou Sogeres qui font venir des tomates en branche qui poussent sur des arbres, dans des serres, en Hollande, avec des semi-remorques qui crachent des polluants tout au long des autoroutes, ce sont des circuits courts avec nos producteurs que nous faisons travailler directement et qui mettent leurs produits dans les assiettes de nos écoliers. Nous avons lancé principalement avec la métropole le processus du small business act pour faire en sorte que sur l’ensemble de la commande publique, ce critère soit pris en compte dans nos commissions d’appel d’offres pour les marchés auxquels nous faisons appel. Ce n’est pas une mesurette non plus.

Sur l’activité et sur l’emploi, vous vous souciez, et vous avez raison, de ce qu’un Plan Climat Energie peut apporter en matière d’emploi. Dans ce domaine, pour moi l’écologie n’est pas l’ennemie de l’économie, au contraire. L’écologie permet d’aller vers des métiers extrêmement créateurs de croissance et d’emplois. Si j’ai décidé, lorsque j’étais ministre de l’industrie, d’apporter à notre métropole une opération d’intérêt national sur 15 000 hectares dédiés aux éco-industries, c’est parce que j’ai compris que c’était une filière de création d’emplois, de développement économique et de potentiel de croissance considérable.

Dans le cours de la journée, nous présenterons l’avenant pour pouvoir prolonger le partenariat avec l’Etat et les autres collectivités avec notre établissement public Eco Vallée. 30 M€ de la première tranche d’argent public ont provoqué 9 M€ d’investissements privés, et déjà près de 5 800 créations d’emplois nouveaux. L’avenant que nous allons vous proposer pour les six années de plus, devrait nous permettre, a minima, de doubler la mise. Les estimations montent même à 3,5 milliards d’euros potentiels d’ici 2032, c’est-à-dire un potentiel de 30 000 emplois. Cela démontre bien que le modèle que nous développons aujourd’hui est bien un modèle au service de l’économie, de la création d’emploi, en même temps que de l’écologie.

Tout cela ne se décrète pas. Si vous dites, Monsieur Decoupigny, Monsieur Allemand, Madame Arnautu, que ce que nous proposons n’est pas le meilleur modèle de développement écologique, ce qui permet avant tout aujourd’hui de créer un vrai développement écologique, c’est aussi l’intelligence artificielle, les nouvelles technologies, tous les outils prédictifs que nous avons pour dessiner un modèle urbain ou rural, dans lequel nous avons d’ailleurs fait des progrès considérables avec le Plan Local d’Urbanisme métropolitain, puisque nous avons 400 hectares supplémentaires par rapport à la période précédente, c’est-à-dire 12 % de plus de surfaces protégées au bénéfice de notre agriculture. Au total, nous aurons 5 200 ha de zones agricoles protégées. Tous ces modèles que nous développons aujourd’hui avec les nouvelles technologies donnent un territoire intelligent, une smart city. Au classement Juniper Research qui est l’organisme américain de référence, il se trouve que nous sommes les treizièmes au monde, et le seul qui figure à ce classement en France.

Je veux bien que tout ce que nous proposons ici soit des mesurettes ; je veux bien que notre Plan Climat Energie soit un sous-plan Climat Energie, qui ne soit pas à la hauteur de grandes ambitions, mais les plus grands instituts d’études internationaux le classent treizième au monde et le seul en France à atteindre ce niveau et offrir des perspectives d’avenir, alors, quel jugement allez-vous porter sur les autres territoires qui essaient de se doter d’un Plan Climat Energie dans notre pays ? En tout cas, aujourd’hui, avec les maires et les élus de notre majorité, nous proposons un modèle d’exception que nous n’avons pas décidé en vase clos. Vous avez ici les documents qui en attestent et qui sont à la disposition de tous, ce sont des mois et des mois de travaux avec un collectif citoyen 06 et l’ensemble des propositions qui sont les leurs. Si vous pensez vous exprimer au nom de ceux qui sont les défenseurs de l’environnement, il se trouve que l’immense majorité des défenseurs de l’environnement qui sont dans notre département et dans ce collectif citoyen 06, a souhaité nous faire des propositions, a validé le fait qu’il soit retenu, et soutient aujourd’hui très ardemment ce Plan Climat Energie. Cela veut dire que vous qui êtes porteurs de ce modèle politique au nom de l’écologie, vous placez en contradiction totale avec les citoyens de ce département qui se considèrent –et qui ont raison de le faire parce qu’ils sont totalement impliqués- comme les véritables défenseurs de l’environnement.

Je souhaite conclure par les annonces de plusieurs rendez-vous importants qui vont marquer cette année 2019. La bataille pour le climat a commencé, et c’est parce que je parle de collectifs citoyens que je souhaite utiliser toutes les chances qui nous sont données d’agir plus vite et mieux, mais surtout avec nos populations.

Samedi 15 et dimanche 16 juin, la métropole et la ville de Nice vous donnent rendez-vous pour deux jours d’événements et d’ateliers autour de la transition écologique avec le collectif Nice Cool et Verte. Cet événement fait complètement partie du programme d’animation du Plan Climat, pour informer et engager les habitants autour de rencontres ludiques et créatives.

D’ici aux mois d’octobre-novembre, nous adopterons le Plan Climat, et je souhaite voir constituer un Conseil local pour le climat, c’est-à-dire un groupe de travail en mode projet qui viendrait rassembler notamment les représentants des associations comme le collectif citoyen pour le climat 06 qui nous a aidés à bâtir ce plan ; notre Conseil de développement, section développement durable –cher Jean-Michel Sempéré- ; la commission environnement de la métropole présidée par Véronique Paquis, ainsi que nos partenaires institutionnels de l’IMREDD, l’UCA et des chambres consulaires.

Voilà ce que je voulais vous annoncer au terme de ce débat. Je vais maintenant soumettre au vote le rapport 0.1.

La délibération n° 0.1, mise aux voix, est adoptée à l’unanimité des suffrages exprimés.

 S’abstiennent :

Mmes Dominique Boy-Mottard, Christine Dorejo, Marie-Christine Arnautu (pouvoir de Gérard Vanderborck), M. Patrick Allemand, Paul Cuturello, Fabrice Decoupigny.