Conseil Communal de l’Education et politique éducative

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Intervention de Patrick Allemand sur la délibération 0.2 du Conseil Municipal du 29 septembre 2014 et visant la création d’un Conseil Communal de l’Education

Nous nous abstiendrons sur cette délibération car en l’état, ce Conseil communal de l’Education qui est une bonne idée à la base, finit par ressembler à un expédient mis en place dans la précipitation et l’impréparation pour masquer les carences de cette rentrée scolaire dont vous êtes le responsable.

Tout d’abord, la composition de ce conseil !

Il n’y a pas de statuts, pas d’organisation et certains membres le constituant n’ont même pas été prévenus, ni de la création de ce conseil, ni de leur désignation en tant que membres.

Il semblerait que la liste des membres soit un simple copier-coller du comité de suivi des rythmes scolaires, ce qui laisse subsister de profondes interrogations sur la représentativité de ce comité.

Je note qu’il y un évident déséquilibre entre des personnes qualifiées et choisies arbitrairement par la Mairie et les représentants des salariés de la communauté éducative. La composition de cette liste ne paraît pas respecter les principes de la démocratie représentative, en donnant un rôle beaucoup trop modeste aux syndicats représentatifs.

Dans le même ordre d’idées, il est étonnant de trouver comme membre, le Président de la CCI, mais aucun représentant des collèges, des lycées ou de l’Université qui me paraîtraient bien plus utiles pour siéger au sein de ce conseil.

Ensuite, les objectifs !

Les objectifs semblent avoir également été rédigés à la hâte, entre deux plateaux de télévision. Je cite : « les membres seront appelés à faire des propositions en vue de l’élaboration d’un projet éducatif territorial ».

Au vu de ce considérant, le projet éducatif territorial apparaît comme une perspective lointaine, aléatoire  et hasardeuse alors que c’est la priorité si l’on veut sortir les écoles niçoises de la crise du périscolaire dans laquelle vous les avez emmenées.

Quelle tristesse de voir les parents de petits Niçois détourner leurs enfants des écoles niçoises  à cause  non seulement du tarif, mais aussi, de la pauvreté des activités périscolaires. Les enfants et les parents souffrent de cette crise  du périscolaire à Nice. Pendant nos rencontres avec les parents d’élèves, certains nous ont dit avoir inscrit leurs enfants aux activités périscolaires, et après quelques jours, les avoir retirés en raison de l’impréparation des activités.

La seule façon de sortir de cette crise, c’est l’élaboration d’un projet éducatif territorial que vous avez refusé d’élaborer jusqu’à présent.

Pourquoi le PEDT est-il si important ? Tout simplement parce qu’est le document incontournable qui définit et garantit des activités périscolaires de qualité, et plus largement une politique éducative de qualité en impliquant toute la communauté éducative.

Ce n’est pas un hasard si toutes les grandes villes (Bordeaux, Lyon, Toulouse…), où la réforme des rythmes  s’est bien passée, avaient préalablement défini un projet éducatif.

Nous aurions aimé  , à travers cette délibération, sur l’élaboration du Plan éducatif territorial,  avoir un calendrier précis et la mobilisation de toute la communauté éducative.  Ce n’est pas le cas.

Enfin, vous affirmez, sans trembler sur les considérants, que la ville prend une part croissante dans l’Education. C’est vrai dans beaucoup de villes. Ce n’est malheureusement pas le cas à Nice.

Le budget de fonctionnement de l’Education n’a pas évolué depuis 8 ans. Il est de 80 millions au global et de seulement 50 millions pour les écoles maternelles et primaires, soit à peine 1760 € / enfant /an. C’est l’un des ratios le plus faible de France.

A Toulouse, pour une population scolaire comparable, le budget global de l’Education est de 110 millions, soit 30 millions supérieur à celui de Nice. Ces 30 millions d’écart viennent uniquement de la différence sur le budget des maternelles et primaires : 80 millions d’euros à Toulouse au lieu de 50 millions d’euros à Nice.

Vous ne vous donnez absolument pas les moyens de votre discours car, effectivement, nous croyons à la part croissante du rôle des villes dans l’Education.

Ce sont les raisons pour lesquelles, Monsieur le maire, nous nous abstiendrons sur cette délibération.

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