Convention de DSP pour la mise en œuvre et l’exploitation d’un service d’automobiles électriques en autopartage

Conseil métropolitain du jeudi 29 juin 2017

Délibération 21.21 – Convention de délégation de service public pour la mise en œuvre et l’exploitation d’un service d’automobiles électriques en autopartage – Avenant n° 7

La délibération 21.21 vous propose d’approuver l’avenant numéro 7 à notre dispositif d’autopartage électrique, le dispositif Autobleue.

Cet avenant, sans incidence financière puisqu’il se fait à périmètre financier constant, vise à augmenter l’offre de service en mettant en place un dispositif désigné par le terme anglo-saxon difficilement traduisible de free-floating : c’est la possibilité désormais avec cette mise en place de récupérer et déposer un véhicule non pas forcément en station mais à proximité d’une station, assouplissant ainsi les modalités de fonctionnement de ce dispositif, en augmentant l’offre offerte à nos abonnés, afin de contribuer à un meilleur équilibre financier de ce service.

Cette expérimentation, puisqu’il s’agit d’une expérimentation sur laquelle nous réaliserons une évaluation afin de voir si nous la poursuivons, est effectuée notamment au moyen de la mise en œuvre des moyens techniques de la société Vulog, start-up locale qui a acquis une expertise toute particulière dans le secteur du guidage et de l’identification des véhicules, puisque bien entendu le repérage des véhicules se fera au moyen d’un smartphone.

[…]

M. LE PRÉSIDENT.

Très bien. Qui souhaite s’exprimer sur les rapports de M. Pradal ? Monsieur Cuturello, vous avez la parole.

M. CUTURELLO.

Merci, Monsieur le Président.

J’interviendrai sur la délibération 21.21 concernant l’avenant numéro 7 relatif au service Autobleue.

Il s’agit d’une nouvelle expérimentation, d’un nouveau dispositif. À l’époque, nous avions proposé de passer au système Flex, ce qui a été fait et qui fonctionne. Cependant, à la fois l’ancien système Zen et le système Flex actuel ne donnent pas entièrement satisfaction dans la mesure où le taux de fréquentation et de rotation des véhicules est aujourd’hui inférieur à un par jour. C’est la raison pour laquelle vous proposez cette nouvelle expérimentation que nous considérons comme positive dans la mesure où elle est déjà expérimentée à Madrid et à Monaco et permet beaucoup plus de souplesse dans l’utilisation des véhicules.

Cependant, je me suis intéressé également aux tarifs qui sont pratiqués par le concessionnaire, et si le prix unitaire peut paraître parfois dérisoire, quand on fait le calcul d’un mode de fonctionnement qui serait relativement régulier de la part d’un abonné, on a des tarifs qui sont en revanche plutôt « salés ».

Je suis allé sur le site du concessionnaire. Dans le système Flex, il y a deux possibilités :

  • Le système « liberté » pour un usage occasionnel : prenons l’exemple de quelqu’un qui souhaite se séparer de son véhicule thermique et utiliser, ne serait-ce que pour ses déplacements domicile-travail, un véhicule Autobleue ; si l’on considère qu’il en a besoin deux heures par jour sur les vingt jours ouvrables d’un mois, avec le système Flex « liberté » on aboutit à une somme de 21 € l’heure de location, soit 840 € par mois, tarification qui n’est quand même pas négligeable.
  • Si l’on prend le système « fréquence » qui est moins cher, puisque c’est 15,40 € de l’heure, on aboutit à 616 € par mois.

Dans le nouveau système proposé, la tarification paraît encore plus modeste puisqu’il s’agit de 30 centimes la minute. Or, 30 centimes la minute cela fait 18 € de l’heure et, pour les mêmes dispositions, on arrive à 720 € par mois, ce qui reste un budget assez considérable.

Vu que l’expérimentation va porter sur vingt véhicules nouveaux qui vont être achetés par le concessionnaire, je trouve que cela reste un peu cher et j’aurais souhaité – c’est une proposition – que l’on fasse des expérimentations ou du moins des propositions en termes tarifaires.

Nous avons une expérience à la mairie de Nice où nous avions des tarifs prohibitifs pour l’entrée au parc Phoenix à l’époque, et il y avait une très faible fréquentation. Finalement, après discussion, il avait été décidé d’appliquer un tarif symbolique d’un euro à l’entrée. Le résultat a été que non seulement la fréquentation a énormément augmenté, mais aussi que les recettes ont été supérieures à celles obtenues en pratiquant un prix prohibitif.

Je me demande si dans le système que vous mettez en place, une éventuelle réduction des prix et des tarifs qui seront pratiqués ne pourrait pas aboutir au même résultat qui serait une augmentation de la fréquentation, ce qui est recherché et qui serait souhaitable du point de vue de la pollution atmosphérique dans notre ville, et permettrait également d’augmenter les recettes.

C’est une piste que je livre à la réflexion, parce que quand on présente les tarifs au centime, 30 centimes cela peut paraître dérisoire, mais quand on l’ajoute et qu’on fait les calculs, on s’aperçoit que ça peut être relativement important, et c’est le cas.

Voilà quelle était ma proposition.

M. LE PRÉSIDENT.

Je vous remercie.

Qui d’autre souhaite s’exprimer ? [Pas d’autre intervention]

Monsieur le Président Pradal.

M. PRADAL.

Monsieur Cuturello, merci de votre intervention.

Je crois que l’exemple que vous prenez ne répond pas de façon très exacte et très pertinente à ce pour quoi ce dispositif d’autopartage est mis en place.

Le dispositif d’autopartage électrique Autobleue, dont je rappelle qu’il a été le premier mis en place en France, ne vise pas à se substituer au véhicule pour un utilisateur quotidien de son véhicule. La disposition des stations Autobleue pourrait à ce moment-là conduire ces personnes à s’interroger plutôt sur l’utilisation des transports en commun.

Le véhicule Autobleue en autopartage vise à se substituer à une utilisation occasionnelle d’un véhicule et au véhicule dont le coût est important, qui va rester dans un garage très longtemps et qui est utilisé éventuellement une ou deux fois par semaine, voire moins fréquemment. C’est cette cible-là qui est visée, raison pour laquelle nous avons une tarification qui, dans ce cadre d’usage là, reste plus attractive. Il existe aussi d’autres solutions pour ce que vous décrivez, puisque vous décrivez une utilisation quotidienne probablement pour un déplacement d’ordre professionnel. Je rappelle que nous mettons en place et soutenons des solutions de covoiturage, y compris d’ailleurs pour les coupler avec des abonnements sur transports en commun, puisqu’en effet, si l’on fait du covoiturage par l’intermédiaire de l’application Boogi et que l’on est abonné au réseau Lignes d’azur, on a des places de parking réservées, ce qui peut constituer un certain avantage.

Je crois donc qu’il ne faut pas comparer le dispositif Autobleue à la possession permanente d’un véhicule dont on aurait tous les jours l’usage impératif.

Quant à la comparaison que vous faites avec la politique tarifaire mise en place au parc Phoenix, je crois que la situation est assez différente. Le parc Phoenix est un équipement existant. L’incidence de l’augmentation très forte de la fréquentation sur le coût de fonctionnement de l’équipement est relativement limitée. S’agissant du dispositif Autobleue, imaginons que l’on baisse de façon très considérable le tarif, on aurait peut-être une attractivité sur le tarif, mais il n’est pas certain que le service coûterait moins cher dans ce cadre à la collectivité, puisque faire rouler un véhicule Autobleue, le maintenir, l’entretenir, surveiller son usage, veiller à ce que les batteries soient en bon état malgré une utilisation renforcée, a un coût supplémentaire et l’acquisition d’un nouvel usage ou d’un nouveau client doit être mesuré avec discernement.

C’est la raison pour laquelle, je le rappelle, ce dispositif d’autopartage pour un usage occasionnel du véhicule, ne vise pas à se substituer à la propriété d’un véhicule qu’on utilise tous les jours. C’est pourquoi aujourd’hui les tarifications visent aussi un équilibre financier, et nous sommes dans le cadre d’une délégation de service public dans laquelle nous versons déjà une compensation pour l’équilibre de ce service. L’objectif n’est pas que tout le monde roule en Autobleue et que cela coûte une fortune à la collectivité, mais il est de trouver un point d’équilibre pour que ce service continue à exister, permette un usage occasionnel, se raffine et augmente ses expérimentations possibles, puisque l’expérimentation free-floating qui vient s’ajouter au double dispositif Flex et Zen accroît considérablement la possibilité de prendre et de restituer un véhicule, permettant ainsi de tester l’intérêt et l’appétence de la clientèle et des abonnés pour ce type de solution et voir après quel type d’abonnement nous renforcerions.

M. LE PRÉSIDENT.

Merci beaucoup. Je vais mettre aux voix les rapports de monsieur le président Pradal.

[…]

La délibération n° 21.21, mise aux voix, est adoptée à l’unanimité des suffrages exprimés.

Ne prend pas part au vote :

M. Asso.