DSP pour la mise en place et l’exploitation d’un service d’automobiles électriques en autopartage – Rapport d’activité 2014

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Conseil métropolitain du vendredi 19 février 2016

Délibération 21.15 – Délégation de service public pour la mise en place et l’exploitation d’un service d’automobiles électriques en autopartage – Rapport d’activité 2014

Il s’agit du rapport d’activité du service Auto Bleue.

Ces rapports ont été présentés à la commission consultative des services publics locaux métropolitains et à la commission de contrôle financier.

 […]

M. CUTURELLO.

Merci Monsieur le Président.

Cela concerne la délibération sur l’autopartage, le service d’automobile électrique qui est géré par la Métropole.

Lors de sa mise en œuvre, nous avions donné notre accord pour cette initiative qui est tout à fait souhaitable et nous avions d’ailleurs fait des propositions, en particulier sur le fait qu’il nous paraissait utile de ne pas limiter l’activité des véhicules au poste à poste en étant obligé de ramener le véhicule à l’endroit où on l’avait pris, pour améliorer le service. Cela a été fait et, d’après les chiffres dont nous disposons, il semblerait que cela ait permis une amélioration du service. Cependant, il reste quelques difficultés dans cette activité.

Elle est d’abord déficitaire pour l’année 2014 : on observe en effet un montant négatif de 839 252 €. Le coût pour la Métropole pour l’année 2014 est de 2 546 000 €. Nous n’y sommes pas opposés puisque nous pensons que c’est utile à la métropole et qu’il faut poursuivre. Cependant, malgré un parc de 210 véhicules en 2014, nous avons 7 707 abonnés en 2014. C’est relativement correct par rapport à la population engagée, cependant il y a une faible utilisation des véhicules puisque quand on regarde les bilans, il y a six utilisations par abonné et par an. C’est quand même assez faible. Ainsi chaque jour, 88 véhicules sur les 210 sont inutilisés, cela représente 42 % du parc. Un élément supplémentaire, 65 % des abonnés ont au plus utilisé deux fois dans l’année un véhicule.

On se rend compte avec ces chiffres que, pour le moment, il ne s’agit que d’un mode de déplacement occasionnel, ce qui est un peu regrettable. Il faudrait essayer de trouver des solutions pour améliorer ce système, nous y sommes tout à fait favorables.

L’une des questions que j’aimerais vous soumettre est de vérifier quel est l’impact du tram sur l’autopartage, c’est-à-dire vérifier quelle est la fréquentation des stations situées le long de la ligne 1 pour voir s’il y a un déficit par rapport aux autres secteurs, pour une simple raison : « bientôt », entre guillemets, il va y avoir la ligne 2 et cela risque de ne pas améliorer la situation s’il y a un impact sur cette utilisation. C’est une proposition, il faudrait pouvoir estimer cela.

Ensuite, comme on s’est rendu compte qu’il y a un nombre d’abonnés à peu près normal mais que c’est très peu utilisé, il faudrait, en plus des actions prévues par le délégataire pour essayer d’améliorer le service, mener quelques actions incitatives en particulier en direction des abonnés pour qu’ils utilisent plus souvent et plus régulièrement l’Auto Bleue. Je pense qu’il faut aller dans ce sens pour qu’une habitude se crée et que cela fasse un peu boule de neige. C’est nouveau, il y a des réticences. Rappelez-vous au début des téléphones portables, il n’y en avait pas beaucoup et, de fait, on ne s’en servait pas beaucoup parce que personne n’était au bout de la ligne, mais c’est à partir du moment où cela s’est généralisé que cela a pris l’ampleur et l’essor que l’on connaît. J’aimerais donc que l’on essaye d’aller dans ce sens-là pour améliorer ce service qui peut être très utile dans la métropole.

M. NÈGRE.

Merci Monsieur Cuturello. Je donne la parole en réponse à M. Pradal.

M. PRADAL.

Monsieur le Président, sur ce rapport Auto Bleue, ce dispositif est novateur, je rappelle que ça a été le premier dispositif de partage de véhicules à mobilité décarbonée en autopartage ; c’est donc un dispositif innovant sur lequel nous sommes vigilants avec l’exploitant pour apporter un certain nombre d’améliorations.

D’abord une boutade et vous ne m’en voudrez sans doute pas, Monsieur Cuturello. Vous dites que le nombre d’abonnés est normal, je crois qu’il faut se méfier du terme « normal » qui a été employé par beaucoup de gens, je ne suis pas sûr que cela veuille dire grand-chose aujourd’hui.

Plus sérieusement, sur la question de l’incidence des lignes de tramway, nous surveillons de près la fréquentation. Vous savez aussi qu’un des enjeux d’un transport en commun en site propre c’est le report modal. Il est donc très important que nous assurions le maillage, et peut-être sur la ligne 2 encore plus que sur la ligne 1, des différents moyens de se déplacer puisqu’il importe d’organiser le rabattage et celui-ci ne peut pas se faire exclusivement avec les moyens de transport en commun, il faut trouver la place, c’est pourquoi il y aura un réseau de parcs-relais pour les véhicules individuels mais aussi pour les stations Auto Bleue. La nécessité du report modal doit donner une lecture de la fréquentation des stations en proximité des lignes de tramway un petit peu différente de celle des stations habituelles de centre-ville sur lesquelles on peut avoir des statistiques d’usage plus fortes.

Vous relevez également la nécessité peut-être d’améliorer la politique de promotion. Le montage d’une délégation de service public vise notamment à partager cette organisation comme nous partageons les pertes, et vous relevez que le niveau de perte est une donnée, mais c’est une donnée sur laquelle nous n’avons pas d’implication financière supplémentaire puisque cette exploitation se fait aux risques et périls du délégataire. Nous travaillons sur la politique de promotion. Vous avez évoqué la mise en place du système Flex qui permet de remettre son véhicule à une autre station que celle à laquelle il a été enlevé. Nous avons également demandé au délégataire de travailler sur des possibilités d’améliorer les types d’abonnements et aussi de voir comment on pourrait mettre en commun des abonnements sur différents modes de déplacement, de façon que le report modal au-delà de la pratique qu’il est, ce soit aussi demain peut-être à terme une carte unique ou un moyen unique de paiement, y compris sur smartphone. Toutes ces données font également l’objet d’un travail.

Quand on lance un dispositif, il faut accepter qu’il soit évolutif dans le temps. Nous y travaillons et j’ai surtout relevé que vous estimez que c’est un très bon dispositif et que vous le soutenez.

Retour en séance de M. Christian Estrosi à 15 h 16

M. LE PRÉSIDENT.

Merci Monsieur le Président de la commission des finances.

Y a-t-il d’autres interventions ? Monsieur Nofri, vous avez la parole.

M. NOFRI.

Merci Monsieur le Président.

Cela concerne aussi les services de véhicules en autopartage. Je ne reprendrai pas ce qui a été dit. Monsieur Pradal, vous avez apporté un certain nombre d’éléments, mais si l’on remonte à l’année dernière, j’avais fait le calcul et on était en termes d’utilisation à 80 € d’argent public par utilisation de véhicule bleu. On nous avait dit qu’avec le système Flex nous aurions un certain résultat. En effet, nous avons aujourd’hui 180 adhésions au système de plus par mois et le système Flex représente à peu près 20 % des utilisations depuis. Néanmoins, lorsqu’on regarde de près, on reste sur des sommes qui me paraissent très importantes : on est à 58 € d’argent public par utilisation d’une Auto Bleue ; 2 € d’argent public par kilomètre d’utilisation d’une Auto Bleue. Pour rappel, un taxi dans le 06 en journée sur un aller-retour c’est 1,04 €.

Je pense donc que l’on peut quand même se poser un certain nombre de questions, même si je pense que le principe est bon. D’ailleurs je crois que le délégataire lui- même dans son rapport se pose un certain nombre de questions et je pense qu’il faut vraiment que l’on ait une réflexion de fond sur ce que l’on peut faire et ne pas faire.

Le fait qu’il y ait une subvention d’exploitation, une subvention d’investissement, un partage des risques sur les recettes, un partage sur les risques de dégradation, un bonus sur la qualité, et j’ai vu dans les propositions du délégataire que l’on rajoute une utilisation par la Métropole des services d’Auto Bleue, si on paye pour investir, si on paye pour que ça fonctionne, si on paye quand il n’y a pas de recettes, si on paye quand c’est cassé et si en plus c’est nous qui le faisons fonctionner, je commence à me poser un certain nombre de questions.

Le système est bon, je ne remets pas en cause l’idée du système, mais je pense que dans le cadre notamment de la commission transport, il serait bon qu’on ait un débat sur le fonctionnement et sur ce qui est possible et pas possible dans ce système, tout simplement.

M. LE PRÉSIDENT.

Très bien. De toute façon vous avez raison, il faut faire un point d’étape. Nous avons été les premiers à avoir l’Auto Bleue, l’auto électrique. Un an après est arrivé Paris puis cela s’est développé un peu partout en France. Aujourd’hui, certaines techniques ont évolué, le mode d’usage a évolué. Nous sommes maintenant à six années d’exploitation et je ne verrais que des avantages à ce que nous ayons un débat qui nous permette de faire un point d’étape, sachant que c’est un service qui apporte une vraie réponse. Les abonnés sont malgré tout en grand nombre et en même temps je pense qu’il a vocation à avoir une évolution et une adaptation.

Je ne me retrouve pas en contradiction avec votre réaction et je souhaite en effet que dans le cadre de la commission des transports il puisse y avoir éventuellement un débat qui permette de faire un point d’étape sur le sujet.

Nous en étions, au moment où j’arrive, à la délibération 21.15. Y a-t-il d’autres interventions ? [Pas d’autre intervention]

Il n’y a pas de vote.

Délibérations 21.12, 21.13, 21.14 et 21.15 : le conseil métropolitain prend acte.