Citoyens d’honneur – Proposition d’une statue de Jean Jaures

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Délibération 0.3- Nomination de Bernadette Chirac, Charles Gottlieb, Barbara Duthuit, Bono, David Evans, Adam Clayton, Larry Mullen Junior, Robert Beugre Mambe et Miriam Fierberg-Ikar, en qualité de citoyens d’honneur de la ville de Nice.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, nous voterons bien entendu cette délibération 0.3 qui concerne la nomination en qualité de citoyen d’honneur d’un certain nombre de personnalités. C’est toutefois l’une d’entre elles qui appelle plus particulièrement mon attention et qui va me conduire en fin de propos à vous faire une proposition ; il s’agit de Charles Gottlieb, celui-là même qui vous a remis, si j’ai le souvenir juste, votre écharpe de maire.

Charles Gottlieb mérite amplement cette nomination au regard de l’immense travail qu’il accomplit depuis 10 ans envers les collégiens mais aussi les lycéens de notre Département et de la ville de Nice pour assurer le souvenir et la mémoire de la Shoah. Quelques jours après le D-Day qui a constitué un moment fort de rassemblement de la communauté nationale et quelques jours après les nouveaux propos inqualifiables de Jean-Marie Le Pen qui a rappelé le poids du sentiment antisémite dans l’idéologie du Front National, nous nous devons d’être exemplaires et de faire corps ensemble, les Républicains

Actuellement se joue à l’Opéra de Nice une œuvre artistique très originale consacrée à l’affaire Dreyfus ; cette affaire est un moment important de notre histoire qui a permis, d’une part l’émergence d’un front républicain uni, opposé au nationalisme et à l’antisémitisme, et d’autre part la mise en place d’une conception de la justice détachée de tout préjugé nationaliste, religieux ou racial.

Parmi les hommes qui ont joué un rôle dans cette affaire il y a Jean Jaurès ; Jaurès n’a pas voulu que la République se contente de la grâce consentie à Dreyfus par Waldeck-Rousseau, il a engagé le Parlement vers la saisie de la Cour de cassation pour réhabiliter pleinement Dreyfus. La figure de Jaurès n’est pas associée seulement à ce combat ; nous commémorons cette année le centenaire du déclenchement de la première guerre mondiale qui fut le conflit le plus meurtrier qu’ait connu notre pays. Il suffit de se rendre devant n’importe quel monument aux morts de France, et en particulier devant le nôtre, pour être saisi par le coût humain de cette guerre. A l’aube de ce conflit, un homme s’était élevé contre la logique diplomatique folle et meurtrière qui a plongé l’Europe dans un enfer pendant quatre ans. Le 31 juillet 1914, après avoir jeté ses dernières forces au Parlement contre l’engrenage militaire il sera assassiné par un étudiant nationaliste ; cet homme, c’était aussi Jean Jaurès.

Un peu partout en France nous commémorons le centième anniversaire du début de cet atroce conflit ; en revanche, les commémorations prévues par la ville de Nice semblent avoir oublié Jean Jaurès dont l’importance dans l’histoire de la République avait pourtant été rappelée, jusque et y compris par Nicolas Sarkozy, durant un discours important de l’année 2007. Je pense que la ville de Nice a l’occasion du centième anniversaire de cet assassinat s’honorerait à lui rendre hommage. Ce fut un immense leader politique qui appartient désormais au patrimoine national.

C’est la raison pour laquelle je vous propose, monsieur le Maire, au détour de cette délibération que nous voterons, je le répète, d’édifier sur la Coulée verte à quelques mètres du boulevard qui porte son nom une statue qui serait, à la fois un hommage à lui mais, à travers lui, à tous les fils de France et donc de Nice qui ont donné leur vie pour notre patrie

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