Nouvelle mesure en faveur du pouvoir d’achat : Accès facilité à l’équipement du Parc Phoenix

Conseil municipal du vendredi 23 novembre 2018

Délibération 0.2 : Nouvelle mesure en faveur du pouvoir d’achat : Accès facilité à l’équipement du Parc Phoenix

 

Je rappelle que, depuis dix ans, toutes les décisions que j’ai proposées aux deux municipalités que j’ai présidées, ont visé à protéger le pouvoir d’achat des Niçois.

Depuis 2014, notre équipe municipale a pris un grand nombre de mesures en faveur de ce pouvoir d’achat. Je n’en citerai que quelques-unes, je l’ai d’ailleurs fait. En 2019, nous allons continuer en renforçant toutes les politiques que j’ai inventoriées il y a quelques instants, comme le démontre d’ailleurs notre recueil des tarifs qui, si vous regardez de près les choses, affiche une baisse de 0,12 %. Cela veut dire que toute la politique tarifaire des prestations que nous apportons est en baisse de 0,12 %.

En matière de transports, de circulation et de stationnement, j’ai toujours privilégié une politique incitative plutôt que répressive, ce qui me permet de dire, notamment en matière de transition écologique, puisqu’aujourd’hui pour nous, le slogan « Nice ville verte de la Méditerranée » demeure plus que jamais un objectif, que bien évidemment j’ai fait partie de ceux qui ont contesté non seulement l’augmentation des carburants, mais plus que l’augmentation des carburants, puisque celle-ci dépend d’abord du coût du baril et que ça va ça vient, il a même été à un niveau plus élevé il y a quelques années sous la présidence de Nicolas Sarkozy où le baril a conduit le tarif à être à plus de 2 €, on y sera toujours soumis selon les périodes, mais ce qui est plus dérangeant, c’est la taxe de l’État.

Quand on sait que l’on a 57 % de taxe sur les carburants en France quand elle est à 46 % en Allemagne, j’estime que quand le coût du baril augmente, la bonne politique que je défends au plan national consisterait à ce que l’État forfaitise la taxe et ne laisse pas la proportionnalité s’appliquer sur l’augmentation du coût du baril.

Quand le gouvernement, quand l’État dit à l’ensemble des usagers des transports automobiles notamment : nous augmentons la taxe pour que vous soyez plus vertueux, parce que le seul moyen d’accompagner la transition écologique, c’est par votre comportement en limitant vos déplacements en voiture, il faut savoir que

18 millions de citoyens français n’ont aucun moyen de transport selon l’endroit où ils vivent, et que taper ces Français-là est une injustice, de même que taper ceux qui, dans notre métropole, par exemple, habitent à des distances importantes. J’en connais qui habitent à Saint-Martin-Vésubie ou à Saint-Étienne-de-Tinée qui font des allers-retours tous les jours en ville, et quand on est à ce niveau d’augmentation, on voit ce que cela pèse à la fin du mois pour un ménage, et pour des Niçois qui vont travailler tous les jours à Sophia Antipolis, ou dans la zone d’activité de Carros, ou dans la principauté de Monaco, à la fin du mois cela a des conséquences non négligeables.

Quand en plus on n’arrive plus à avoir une lecture où l’on comprenne quelque chose sur l’augmentation du diesel par rapport à l’essence, après nous avoir expliqué que le diesel et les particules fines avaient plus de conséquences que le CO2 émis par l’essence, mais qu’au fond on fait tout payer de la même façon, que tout monte, etc., pardon, mais moi qui suis quelque part un peu écologiste dans l’âme, je ne me reconnais pas du tout dans ces politiques-là qui sont des politiques punitives. Et, face aux politiques punitives, je comprends la colère d’un certain nombre de ceux qui s’expriment comme ils ont souhaité le faire ces derniers jours, en regrettant que d’autres, en revanche, se conduisent en casseurs et en bloqueurs, mais je comprends ceux qui, pacifiquement, ont manifesté leur mécontentement, et je me dis que le devoir de la collectivité est d’essayer de compenser autant que faire se peut.

Voilà pourquoi, face à des politiques punitives, pour accompagner une transition écologique, je préfère des politiques incitatives.

Quand on fait des parcs relais à 2 € aux stations de tramway en permettant, avec un ticket à 2 €, d’avoir une place de stationnement et la possibilité de faire un aller-retour en tramway, c’est de l’incitation et cela fonctionne, parce que de plus en plus de gens en font usage et laissent leur voiture. Voilà pourquoi nous avons favorisé jusque-là de manière incitative, lors de franchise dans les parcs en ouvrage, les 30 minutes gratuites sur voirie et le ticket de transport.

Je suis opposé à cette hausse et je vous propose donc de prendre acte de la mise en place par la Métropole, puisque c’est ce que nous proposerons et que nous soutiendrons au nom du conseil municipal de Nice auprès des autres maires qui siègent au Conseil de métropole, un chèque carburant en soutien du pouvoir d’achat sur le modèle de ce qui existe dans la région des Hauts-de-France.

Notre territoire entre mer et montagne est particulièrement adapté à une telle mesure pour que le plus grand nombre de foyers en bénéficient, et je tiens à ce que cet avantage soit ouvert à l’ensemble des habitants des 49 communes de la métropole, soit près de 550 000 habitants. Vous me direz que, parmi les 550 000 habitants, il y a aussi les nouveau-nés et ceux qui, malheureusement, ne sont plus en situation de conduire. Bien évidemment, cela s’adresse directement aux salariés qui, aujourd’hui, sont frappés par ces mesures d’augmentation.

Le montant forfaitaire dont chacun pourra bénéficier s’élève à 20 € par mois et par véhicule. Cette mesure sera mise en œuvre dès le 1er janvier 2019.

Profiter de l’équipement du parc Phoenix doit être possible pour tous. Le coût ne doit pas être un frein à la découverte de ce lieu magnifique de 7 hectares où se côtoient 2 000 animaux et 2 500 espèces de plantes. C’est pourquoi il y aura aussi, à travers cette délibération, la possibilité d’une gratuité du parc Phoenix aux visiteurs métropolitains, je dis bien métropolitains, c’est-à-dire ceux qui sont des contribuables de la métropole, à partir du 1er janvier 2019, le premier week-end de chaque mois et tous les jours pour les agents de la collectivité. Je veux dire que nous offrirons tous les jours de la semaine aux agents de notre collectivité, tant ceux de la Ville que ceux de la Métropole, de pouvoir y accéder gratuitement.

Vous le voyez, nous n’avons pas attendu le débat actuel sur le pouvoir d’achat pour prendre des mesures en faveur des Niçois. C’est donc la voie dans laquelle nous allons continuer en adoptant ces trois délibérations : la 0.1 sur les chèques carburant, la 0.2 sur le parc Phoenix, la 0.3 sur la mise à jour du recueil des tarifs des services publics de la ville de Nice qui, globalement, nous amène à une baisse de 0,12 %.

[…]

LE MAIRE.

Monsieur Cuturello.

CUTURELLO.

Monsieur le Maire, j’interviens sur la délibération n 0.2 uniquement, celle qui concerne la révision des tarifs d’entrée au parc Phoenix.

Lors du conseil municipal du 12 juin dernier, à l’occasion de la délibération lançant la procédure de délégation de service public pour la réalisation d’un parcours acrobatique, j’étais intervenu pour indiquer qu’à mon sens, le prix d’entrée du parc atteignant les 5 € était devenu trop élevé, et ce d’autant que s’y ajoutait éventuellement le prix de l’utilisation du parcours acrobatique qui ne sera pas gratuit.

Je rappelle qu’en 2008, le prix d’entrée était de 1 €. Le 12 juin, je vous avais proposé de revoir ce tarif à la baisse afin de le rendre accessible à un plus grand nombre de familles, y compris les plus modestes. Vous aviez alors indiqué qu’une réflexion serait engagée et qu’une étude tarifaire serait menée.

Aujourd’hui, vous nous présentez les résultats de votre réflexion avec une délibération contenant plusieurs modifications tarifaires, ce dont je me félicite.

Vous proposez la gratuité d’accès à compter du 1er janvier 2019 pour les événements « Parc Phoenix en fête » ainsi que pour le premier week-end de chaque mois pour les visiteurs métropolitains justifiant de leur domicile et les agents de la ville de Nice, du centre communal d’action sociale et de la Métropole sur présentation de la carte professionnelle.

Vous proposez également une réduction tarifaire à 3 € (et non pas gratuite, comme vous l’avez dit tout à l’heure) au lieu de 5 € pour l’ensemble des agents de la villede Nice, du centre communal d’action sociale et de la Métropole sur présentation de la carte professionnelle.

Si la gratuité proposée pour les événements festifs et le premier week-end de chaque mois est satisfaisante, le périmètre de la réduction tarifaire à 3 € me paraît trop restrictif, car il ne concerne que les agents de notre collectivité et de la Métropole. Je pense qu’il faut en élargir le périmètre et appliquer la réduction tarifaire à l’ensemble des habitants de la ville et de la Métropole. Ce serait là un geste fort, apprécié par nos concitoyens, qui améliorerait la fréquentation.

Vous pourriez objecter que cette réduction de tarif aboutirait à une réduction de recettes. Rien n’est moins sûr. Rappelez-vous, quand le tarif d’entrée avait été fixé à seulement 1 €, c’est l’inverse qui s’est produit. Avec ce prix modique, la fréquentation avait fortement augmenté et les recettes avaient également augmenté et avaient finalement été supérieures à celles encaissées avec l’ancien tarif.

Je suis certain que le même phénomène se renouvellera et qu’en termes de recettes, la Ville sera in fine gagnante.

Je vous demande donc d’étendre le tarif réduit à 3 € à tous les Niçois et tous les métropolitains.

Monsieur le Maire, ne vous arrêtez pas en chemin, faites encore un petit effort, allez jusqu’au bout de la logique et faites profiter tous les Niçois du tarif à 3 €.

[…]

LE MAIRE.

De toute façon, vous venez les uns et les autres de redire ce que vous avez dit sur le BP, en ramenant toujours tout au passé, et vous le ferez dans dix ans ou dans quinze ans, vous pouvez aussi rappeler les impôts de François Malausséna en 1862 ! On est sur le budget primitif 2019, que vous le vouliez ou non, et aujourd’hui, ceux qui sont les défenseurs des contribuables, les associations les plus réputées sont là pour attester, contrairement aux propos que vous tenez les uns et les autres, de la réalité des politiques extrêmement vertueuses que nous menons ici.

Il n’y a qu’une chose que je retiens, parce que tout le reste était du blablabla : les gilets jaunes. Je me sens autant gilet jaune que tous ceux qui, aujourd’hui, ne sont pas contents contre des politiques qui sont privés de pouvoir d’achat dans notre pays, que cela touche aux pensionnés, que cela touche à la CSG, que cela touche au prétexte utilisé pour l’augmentation de la taxe sur les carburants que j’ai dénoncée tout à l’heure. Je n’ai aucun problème avec tout cela.

Ce qui se passe ici au conseil municipal de Nice n’est que le prolongement des politiques que je mène depuis dix ans. Vous dites : qu’est-ce qui change ? Le fait de maintenir pendant dix ans des tarifs dont j’ai engagé la baisse tout de suite, vous conviendrez que, de la manière dont le coût de la vie a augmenté depuis dix ans dans notre pays, être une des rares collectivités où l’on reste au niveau bas, c’est déjà un exploit. Et le fait d’arriver, malgré ce niveau bas, à baisser encore, quand je vous entends dire « vous n’avez rien changé, vous êtes resté au même niveau »,que voulez-vous ? Qu’on fasse la gratuité des transports, c’est cela ? Il y a quelqu’un qui est prêt à demander la gratuité des transports ? Est-ce qu’un seul d’entre vous, de manière responsable, est prêt à demander la gratuité des transports ?

On ne peut pas me demander une ligne pour l’Ariane, dont je livrerai le résultat des études au mois de janvier prochain, qui se fera dans les conditions que je vais indiquer et que nous livrerons dans les trois ans qui viennent au maximum, car aucun quartier de Nice ne sera exclu de notre schéma métropolitain des transports, pour se prolonger d’ailleurs en direction de Cagnes-sur-Mer ensuite, mais à 1 €, on ne finance déjà pas l’équilibre, et si en plus un seul d’entre vous me demandait la gratuité, ce serait de la pure démagogie. Ou alors, dans ce cas, il faut me dire d’augmenter les impôts pour faire la gratuité des transports. Si l’on n’augmente pas les impôts, on n’augmente pas les transports. Connaissez-vous un seul gestionnaire de transports dans notre pays qui investisse entre 850 et 900 M€ et qui, pour contribuer au remboursement de l’emprunt, n’augmente pas le coût des transports ? Nous, c’est ce que nous faisons. Et nous le faisons parce que nous avons la confiance des organismes bancaires qui nous ont accordé des prêts à0,9 % parce que nous avons une bonne gestion, que nous sommes crédibles et que nous avons un contrat d’objectifs de trois ans qui nous donne toute la crédibilité nécessaire.

À Paris (la RATP), c’est 1,90 €. À Lyon, c’est 1,80 €. À Strasbourg, c’est 1,70 €. Au Havre, c’est 1,70 €. À Nantes, c’est 1,60 €. À Lille, c’est 1,60 €. À Rouen, c’est1,60 €. À Montpellier, c’est 1,60 €. À Toulouse, c’est1,60 €.À Marseille,c’est 1,60 €. À Reims, c’est 1,60 €. À Grenoble, c’est 1,50 €. À Rennes, c’est 1,50 €. À Caen, c’est 1,50 €. À Bordeaux, c’est 1,50 €. À Toulon, c’est 1,40 €. À Dijon, c’est 1,30 €. À Évreux, c’est 1,20 €. À Nice et sa métropole, c’est 1 €.

Je ne connais pas un Niçois utilisant tous les jours les transports en commun, qui n’ait pas sa carte de 10 € dans la poche. Et si je regarde les abonnements, je fais un petit comparatif, savez-vous quel est le prix de l’abonnement à Lille sur une année ? 672 €. Vous êtes lillois, pour utiliser les transports dans la métropole de Lille, il faut payer 672 €. Pour utiliser la RATP à Paris, vous payez 827 €. À Nice, vous payez 327 €.

Y en a-t-il un seul dans cette salle qui est capable de dire qu’on n’accorde pas aux usagers des transports niçois et métropolitains les tarifs les plus bas de France et que cela ne compte pas dans le pouvoir d’achat ? Cela ne compte pas ? Ce n’est pas de l’argent rendu à la fin du mois à tous ceux qui sont les plus modestes ?

Il y a une chose que j’entends, Monsieur Cuturello, parce qu’au fond, vous êtes le seul à avoir dit une chose pertinente qui mérite que je vous propose la modification de la rédaction de la délibération 0.2. Au deuxième alinéa :

  • Approuver la gratuité à l’ensemble des agents de la ville de Nice, centre communal d’action sociale de la ville de Nice et métropole Nice Côte d’Azur lors des événements « Parc Phoenix en fête » et le premier week-end de chaque mois, sur présentation de la carte professionnelle comportant la photo et le numéro de matricule de l’agent.

Je vous propose que nous enlevions « lors des événements« ParcPhoenixenfête » et le premier week-end de chaque mois, sur présentation de la carte professionnelle comportant la photo et le numéro de matricule de l’agent » et que nous supprimions la totalité de l’alinéa 3.

On s’arrête à « approuver la gratuité à l’ensemble des agents de la ville de Nice, centre communal d’action sociale de la ville de Nice et métropole Nice Côte d’Azur pour les accès au parc Phoenix ».

La rédaction se limite à cela et on supprime en totalité l’alinéa 3.

De temps en temps, je préfère les propositions constructives aux critiques lancées comme cela, sans être capable d’expliquer, de justifier et de comparer.

Les autres, vous avez fait de la démagogie politicienne qui ne s’appuyait sur rien du tout et que vous n’êtes pas capables de justifier, ou alors vous essayez de justifier l’injustifiable. Au moins, j’apprécie que M. Cuturello ait fait une proposition quime paraît parfaitement conforme à l’effort que nous devons faire en direction de nos personnels, c’est la raison pour laquelle je propose que nous retenions cette formulation.

Ayant apporté ces éléments de réponse… Monsieur Dejeandile, vous vouliez dire quelque chose ?

DEJEANDILE.

Oui, je voudrais ajouter que, depuis dix ans, lestationnement est gratuit pour les personnes handicapées dans toute la ville de Nice. C’est nous qui avons inventé cela. Nous avons été suivis au niveau français par la suite. Il suffit d’avoir la carte européenne de stationnement pour pouvoir en bénéficier. Par ailleurs, je voudrais aussi dire que toutes les personnes de France qui viennent en vacances sur la Côte d’Azur peuvent bénéficier du système de transport à la demande PAM alors qu’un Niçois qui s’en va en vacances à Paris ou à Lille, lui, n’a pas droit à ce genre de service.

Voilà tout ce que je voulais ajouter. Alors, quand on dit qu’on fait peu, on fait beaucoup.

LE MAIRE.

Eh bien, je vous remercie, mon cher collègue. Je vais donc mettre aux voix.

La délibération n° 0.1, mise aux voix, est adoptée à l’unanimité des suffrages exprimés.

S’abstient : M. Aral.

La délibération n° 0.2, mise aux voix, est adoptée à l’unanimité.