Organisation du premier Festival Santé Jeunes Hôpital Hors les Murs dans le cadre de la concertation Influence ta Ville

Conseil municipal du jeudi 7 février 2019

Délibération 13.1 – Organisation du premier Festival Santé Jeunes Hôpital Hors les Murs dans le cadre de la concertation Influence ta Ville.

 M. GUERIN.

Vous savez que, lors de cette concertation, nos jeunes niçois ont placé en priorité numéro un la santé. Je pense qu’ils ont eu une sage évaluation des priorités, à titre personnel. Donc, dans ce cadre-là, nous allons organiser une série de manifestations et d’évènements, à la fois sur des parcours de prévention et de sensibilisation et d’information aux grands sujets de santé qui nous préoccupent, et également des conférences, avec comme partenaire le CHU Lenval et la Caisse primaire d’assurance maladie, et comme partenaire en soutien également la Mutualité française.

[…]

M. LE MAIRE.

Merci beaucoup, Monsieur l’adjoint. J’ai une demande d’intervention du groupe Un autre avenir pour Nice sur le 13.1.

M. ALLEMAND.

Nous allons voter cette délibération 13.1 qui s’inscrit dans le prolongement des conclusions de la concertation à la jeunesse niçoise « Influence ta ville ». Un bémol cependant : nous trouvons le choix de qualifier cette manifestation de festival peu approprié. Un festival renvoie à une image de festivités, ce n’est pas forcément le cas de la santé de nos jeunes qui est une question sérieuse. Et d’ailleurs, selon les résultats de l’enquête, c’est leur première préoccupation.

La notion de festival renvoie également à des dates précises. Un festival commence à une date et se termine à une autre. Or nous ne voulons pas d’un coup de communication supplémentaire. Il y a des enjeux en matière de dépistage, d’information, de prévention en santé, qui ne peuvent pas se régler le temps d’un festival, mais qui doivent se réguler tout au long de l’année.

Notre question est simple : quel dispositif comptez-vous mettre en place, à moyen et long termes, pour répondre aux besoins et aux inquiétudes des jeunes en matière de santé, qu’ils ont exprimés au quotidien ?

Sur le Comité local de santé mentale, je voulais tout particulièrement insister, parce que c’est un enjeu majeur, sur la meilleure prise en charge pour éviter ce qui vient de se passer dans le 16ème arrondissement à Paris, qui doit nous alerter parce que cela signifie qu’il y a des gens qui, malheureusement, ne sont pas en situation d’être autonomes et qui sont encore dans la rue, pas pris en charge. On sait que la psychiatrie est un domaine sacrifié depuis longtemps, plus particulièrement chez nous, Monsieur le Maire – on en a parlé plusieurs fois déjà. Je voulais profiter de cette délibération pour vous demander où vous en êtes par rapport à l’hôpital Sainte-Marie puisque c’est un dossier que nous suivons de très près.

M. LE MAIRE.

Je vous remercie. Je demande à notre adjoint à la Santé de répondre.

M. GUERIN.

Concernant le choix du terme « festival », l’idée, en dehors des actions pérennes parce qu’il y a des tas d’actions qui ont déjà débuté, notamment l’inscription de notre Ville dans la grande stratégie Zéro Sida en 2030, qui fait que notre Ville est identifiée au sein du réseau MS, à ce propos-là. Je pense à celle-ci particulièrement parce que la partie « santé sexuelle » et prévention des IST est un sujet important, comme d’ailleurs l’apprentissage – vous l’avez peut-être vu dans la délibération – au consentement à l’acte sexuel. Il y a une grande dimension autour de ces éléments pour notre jeunesse niçoise. Cela s’inscrit dans ce qui est déjà engagé. Mais, l’idée était de profiter de ce temps, et peut-être avec effectivement des éléments un peu plus festifs parce que c’est aussi le moyen de ramener le fait que la santé publique n’est pas quelque chose de rébarbatif ou de contraignant. Il y a beaucoup d’expériences en Europe et en Amérique du Nord autour de ces aspects festifs autour de la santé. J’y crois plutôt pour sensibiliser nos jeunes à ces problématiques-là. Ce qui n’empêche pas du tout, en dehors d’aspects éventuellement évènementiels, mais qui ne sont pas à destination de communication pour nous, d’être un support un peu plus pédagogique et plus ludique pour arriver à nos objectifs de santé publique. Ce qui ne dénature absolument pas le travail de fond qui est déjà engagé et qui va s’intensifier dans les grandes perspectives de la loi de Santé qui va venir, mais de celles qui précédaient déjà et, je suis persuadé de celles qui viendront ensuite. Le rôle des collectivités est de plus en plus important aux côtés des autorités sanitaires pour ces enjeux de prévention.

Je pense que c’est tout l’honneur de Nice que d’avoir déjà anticipé ces éléments et que notre municipalité s’inscrive particulièrement dans ce dynamisme et dans cette impulsion autour des grands sujets de prévention. Monsieur Allemand, je vous garantis que l’on accentuera encore nos efforts avec, comme je le disais à propos de la 13.2, le soutien vital de notre tissu associatif.

Pour la 13.6, avant de laisser également notre maire répondre, effectivement la santé mentale est un enjeu-clé, et je partage avec vous que le champ de santé mentale, globalement pour sa partie sanitaire, c’est-à-dire de la psychiatrie, a été le parent pauvre des grands plans de santé des 40 dernières années par l’Etat. C’est un élément-clé. On se rend compte désormais des dégâts potentiels. Les évènements abominables qui nous ont marqués et meurtris particulièrement dans notre chair, ici, ont aussi permis d’ouvrir les yeux sur ces enjeux-là, notamment sur les conséquences des psychotraumatismes de masse, comme on a malheureusement dû le vivre dans notre chair, ici. Mais aussi des psychotraumatismes du quotidien qui sont destructeurs sur un plan social et sociétal à terme, et très mal pris en charge à l’heure actuelle en France. C’est d’ailleurs pour cela que l’on s’est inscrit dans la création du Centre de référence régionale, que nous avons gagné, parce que nous souhaitions vraiment faire le maximum qu’il était possible de faire dans ce champ-là. Et donc, le Centre régional de psychotraumatisme est donc bien piloté par Nice, et c’est le seul sur les deux centres français dans lequel les collectivités, en l’occurrence la Métropole, sont fondatrices. Cela montre l’implication de la Ville et de la Métropole, et la spécificité niçoise sur ces enjeux-là.

Le corollaire est que, sur le CLSM, nous avons effectivement l’ambition de mettre tous les acteurs autour de la table. Les acteurs principaux pour moi, avant même les établissements sanitaires, sont les représentations des patients et des aidants de patients. C’est avec eux qu’il faut que l’on construise cette démocratie participative sanitaire pour savoir de quoi ils ont besoin, et que l’on soit en mesure, dans le champ sanitaire comme dans tous les autres champs (le sécuritaire, le juridique, le social, le logement), de répondre au maximum à leurs attentes, dans le maximum de sécurité, pour les patients eux-mêmes comme pour le reste de la communauté.

Mais, c’est un sujet compliqué. Le risque zéro, nous ne l’atteindrons jamais. La volonté de notre maire et de nous tous – je suis sûr qu’elle est évidemment partagée – est d’arriver à maîtriser au maximum les risques potentiels dans l’intérêt des patients et dans l’intérêt de la communauté tout entière.

Concernant l’établissement Sainte-Marie, il est vrai que nous avons une spécificité sur le territoire puisque nous avons une psychiatrie de service public, dont la majeure partie est gérée par un établissement de droit privé, ce qui est un côté très atypique de notre territoire. Nous discutons très régulièrement avec l’ensemble des établissements concernés sur la prise en charge de service public, c’est-à-dire le CHU et l’établissement Sainte-Marie, et en lien étroit avec l’Agence Régionale de Santé. Ce sont des dossiers extrêmement complexes. Et je dois dire que c’est avec une vraie forme de courage que nous y allons, à la demande de notre maire, parce que cela ne relève pas des prérogatives directes d’une municipalité. Nous y sommes d’une vigilance extrême. Cela prend énormément de temps, avec des acteurs pas toujours faciles, et en lien étroit avec l’autorité de tutelle qui est totalement responsable de l’organisation de l’offre de soins, qui est l’Agence Régionale de Santé. Je rappellerai, mais je pense que notre maire va le faire bien mieux que moi, que c’est à ce sujet-là que nous avons déjà rencontré la ministre de la Santé à deux reprises, ces derniers mois, pour montrer à quel point c’est un sujet qui nous préoccupe tous pour que l’on puisse avoir la meilleure offre de soins dans ce champ très complexe et assez délabré de la prise en charge de la santé mentale.

M. LE MAIRE.

Merci, Monsieur l’adjoint. Je n’ai pas grand-chose à rajouter à ce que vous avez dit. Il est vrai que c’est un dossier qui nous préoccupe beaucoup. Nous savons que cet établissement a connu une période extrêmement délicate, même si l’on a le sentiment qu’aujourd’hui – mais cela ne repose que sur un sentiment -, les choses se sont à peu près neutralisées ; ce qui n’est pas satisfaisant.

J’ai demandé très clairement à la ministre de la Santé, qui n’est pas responsable de cette situation puisqu’il y a eu des ministres de la Santé successifs que nous n’avons cessé d’alerter, depuis maintenant près de 10 ans, sur les inquiétudes que nous avons à l’égard de Sainte-Marie. C’est, comme l’a rappelé Olivier Guérin, un établissement de droit privé qui oeuvre dans le domaine public, qui est propriétaire de nombreux patrimoines, qui ne semble pas être engagé sur une voie de valorisation de ce patrimoine au bénéfice de l’hôpital lui-même. Et donc, nous avons demandé à madame Buzyn de nous faire rapidement des propositions sur des initiatives que l’Etat se doit de prendre.

Un nouveau directeur général de l’ARS vient d’être nommé. Je dois le recevoir prochainement pour m’entretenir de ce dossier. Nous y serons extrêmement attentifs. Mais, nous ne sommes pas, encore une fois, l’autorité de tutelle, et c’est regrettable. Contrairement au CHU où j’exerce la présidence du conseil de surveillance et où nous réussissons systématiquement à surmonter les difficultés que connaissent tous les établissements publics de notre pays, par manque de personnel, par manque de moyens, et où nous arrivons à avoir quelques leviers : à faire voter un schéma directeur sur les 10 ans qui viennent, qui décide de vendre tel patrimoine pour le réinvestir sur tel autre, pour pouvoir le remettre à jour sur la gériatrie à Cimiez, sur la deuxième tranche de Pasteur 2, sur une nouvelle répartition des tâches entre L’Archet 1 et L’Archet 2, etc., et réinjecter l’achat prochain de l’hôpital Saint-Roch aussi dans ce programme de rénovation du CHU. Nous avons des petits leviers, sans être l’autorité de tutelle puisque c’est le directeur général qui est l’autorité de tutelle et qui représente le ministre. Mais, par contre, nous débattons avec la CME, nous essayons de mettre autour de la table l’ensemble des chefs de pôle et des professeurs pour les mettre en harmonie sur une même ligne directrice.

Sur Sainte-Marie, nous sommes complètement hors jeu. Donc, on assiste, comme vous, un peu impuissants à cette situation. Il y a quelques années, pas très longtemps, il y a deux ans encore, je dirais il y a maintenant 7 ou 8 ans, nous ne manquions pas d’intervenir déjà et, depuis la situation s’est encore plus dégradée et, aujourd’hui, nous mettons le gouvernement au pied du mur pour qu’il assume cette responsabilité. Et bien évidemment, nous serons attentifs et assez fermes sur le sujet.

D’ailleurs, à propos de santé mentale, vous avez pris en référence cette personne qui semble atteinte d’un problème de santé mentale et qui a causé cette tragédie à Paris. Malheureusement, il y en a plein partout. Et je trouve aussi que, si la réponse en matière de santé n’est pas toujours à la hauteur, la réponse en matière judiciaire ne l’est pas plus, vu le nombre de cas qui sont parfaitement identifiés, signalés à la justice et non neutralisés par la justice. Cette personne, quand je lis son passé, avait déjà incendié un véhicule pour les mêmes raisons de rancœur, d’aigreur, de vengeance, etc., et elle était clairement identifiée par son voisinage par rapport à ces menaces. J’en ai croisé des comme cela.

C’est pour moi l’occasion de vous faire le point, avec Jean-Marc Giaume d’ailleurs, sur la tragédie qui s’est passée ce matin à l’école Nikaïa. Je veux rendre hommage à la fois aux deux directrices d’écoles, élémentaire et maternelle. Mais, rendre hommage tout particulièrement à notre gardienne municipale de l’école, dans une des écoles où le conseil d’école n’a pas voulu se doter d’un policier municipal, qui était la seule détentrice du bouton d’alerte, et qui a donc actionné le bouton d’alerte dans les secondes où l’incident est survenu. Ce qui nous a permis d’avoir tout de suite, avec les caméras, le film d’avant, pendant, après, et de faire intervenir la police municipale en moins de quelques minutes. Je rends hommage aussi à la PM qui a remis l’individu entre les mains de la police nationale. Je remercie l’économe qui, là où les couteaux ont causé une plaie qui pouvait mettre en route le pronostic vital, à la gorge, a réussi à exercer des pressions immédiatement sur la maman pour essayer de freiner l’hémorragie et permettre son hospitalisation avant que sa vie ne soit plus en danger. Je salue l’enseignant qui a été le premier à ceinturer et à neutraliser ce forcené, et ce père de famille que j’ai rencontré tout à l’heure, qui a réussi à le neutraliser avant que la police municipale ne le prenne en charge.

C’était un individu extrêmement dangereux. La maman avait déposé plainte auprès de la police.Il y a des êtres comme cela dont on peut se demander comment, de sang-froid, on peu être aussi violent, il y a un truc qui ne fonctionne pas : dans une école, devant une trentaine de parents, d’enfants. Et pardon, mais la santé mentale, c’est le problème de la santé, c’est le problème de la justice, et des gens comme cela, parfaitement identifiés, malheureusement il y en a un certain nombre dans notre pays en totale liberté.

C’est ma part de vérité, je l’assume. Pas de problème. C’est aussi des choses où nous devrions mieux protéger notre société sous cet aspect-là.

En tout cas, hommage à tous ces gens et à tous ces personnels qui ont été exemplaires. Nous avons mobilisé près de huit psychologues auprès des enfants, des personnels de l’école tant le traumatisme est profond, et il nous faudra les accompagner, je pense, pendant un certain temps.

Je mets aux voix les rapports ainsi présentés par Olivier Guérin.

La délibération n° 13.1, mise aux voix, est adoptée à l’unanimité.