Politique agricole en faveur de l’installation des agriculteurs

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Délibération 7.1 – Politique agricole métropolitaine en faveur de l’installation des agriculteurs

Bien sûr nous voterons pour cette délibération. Permettez-moi ici de rajouter quelques mots. 

Vous nous présentez aujourd’hui, Monsieur le Président, avec cette délibération, une série de subventions destinées à développer et soutenir l’agriculture du haut et du moyen pays, et l’on ne peut que s’en réjouir. 

Il est important ici de rappeler que notre territoire métropolitain est à la fois profondément rural et naturel sur le haut et le moyen pays, avec des densités parmi les plus faibles de France, et strictement urbain sur le littoral. 

Si certains y voient une opposition générant des incompatibilités, nous préférons y voir des complémentarités, un peu comme une médaille : côté pile, côté face. 

Lorsque nous regardons les autres grandes métropoles françaises, Nice est la seule à posséder cette caractéristique. Il paraît alors évident que la question agricole devient une problématique majeure sur notre territoire. 

Cette dichotomie territoriale se lit aussi en agriculture, car deux systèmes agraires coexistent. Nous avons, comme vous le soulignez dans votre rapport de présentation, un agropastoralisme dans le haut et le moyen pays et une agriculture à dominante maraîchère en zone périurbaine, voire urbaine dans la plaine du Var, ce qui veut dire que les enjeux ne sont pas tout à fait les mêmes en fonction des territoires et, par conséquent, les politiques territoriales à mettre en place doivent être adaptées et différenciées. 

Pour le haut et le moyen pays, la problématique de l’agriculture se place dans une stratégie de maintien des activités d’agropastoralisme en forte déprise qui doit être accompagnée par des filières économiques de mise en valeur des produits locaux. Nous sommes alors très proches des politiques de labellisation mises en place par les parcs naturels régionaux qui développent des projets d’envergure en liant sauvegarde des activités agraires et protection des paysages ruraux. On oublie souvent que les systèmes agropastoraux permettent de sauvegarder un patrimoine paysager en entretenant de vastes étendues ouvertes et non boisées qui, une fois sauvegardées, deviennent aussi des espaces touristiques et de loisirs. 

Si cette politique est indéniablement un enjeu dans le haut et le moyen pays, il ne faudrait pas oublier l’agriculture sur le pays côtier et particulièrement dans la plaine du Var. Comme vous le dites, le haut et le moyen pays ne regroupent que 19% des exploitations, ce qui veut dire que 81% d’entre elles se localisent dans la plaine du Var et la partie littorale. Or, dans cette partie se concentrent aussi des enjeux importants pour l’agriculture métropolitaine. En effet, les pressions foncières et urbaines ont entraîné ces dernières années un fort recul de l’agriculture. En vingt ans, dans toutes les communes classées hors zone de montagne, c’est-à-dire les dix-sept communes de la partie littorale de notre Métropole, nous avons perdu plus de 40 % de nos terres agricoles, soit à peu près 1 800 hectares. Dans le même temps, l’urbanisation gagnait quant à elle 2 200 hectares. 

Lorsqu’on analyse l’état actuel de l’activité agricole sur le territoire de la plaine du Var OIN, force est de constater que l’activité agricole n’est plus dominante aujourd’hui dans les zones classées réglementairement agricoles. Les chiffres parlent d’eux­ mêmes : sur à peu près 4 400 parcelles classées dans le PLU, seulement à peu près 35 % de la superficie totale agricole réglementaire sont réellement exploités, soit 18 % du nombre de parcelles ; 55% des parcelles sont des friches et à peu près 17% des parcelles sont artificialisées. 

Car il est bien évident que les activités agropastorales du haut et du moyen pays ne pourront pas se substituer à celles de l’agriculture maraîchère existante dans sa partie côtière, nous pensons que nous devons mettre en place des expériences de développement de l’agriculture urbaine et périurbaine dans les collectivités de notre Métropole. 

Une politique agricole volontariste ne s’arrête donc pas uniquement à des actions foncières, elle doit aussi mettre en place une filière économique propice à permettre aux productions locales de trouver ses consommateurs en développant les circuits courts, comme vous l’avez dit tout à l’heure, les maisons de pays, l’affermage d’exploitations bio pour nos cantines scolaires. 

Quand on regarde l’ampleur du travail à réaliser, Monsieur le Président, on est un peu surpris par l’effort financier: cela ne représente que 200 000 euros sur deux ans et on voudrait que cette politique soit un peu plus soutenue sur les prochains budgets, en essayant d’avoir une véritable politique ambitieuse sur le maintien et la sauvegarde des terres agricoles de notre territoire. 

Je vous remercie.

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