Rapport de développement durable de la Métropole -Année 2013-

NCA03_interDECOUP

Délibération 29.2Présentation du rapport 2013 de développement durable de la Métropole   intégrant   l’état   d’avancement   de   l’Agenda 21 métropolitain

Chers collègues, le rapport qui nous est présenté est un beau document de 80 pages et détaille avec force les actions menées par la Métropole niçoise en matière de développement durable. Qu’il me soit ici permis de féliciter les services pour la qualité du travail rendu tant sur la forme que sur le fond. 

À la lecture de ce rapport, on remarque que le développement durable est porté par un certain nombre de communes, comme cela vient d’être mentionné par notre collègue, qui commencent à intégrer les concepts de développement durable dans leur politique. Je m’en réjouis. 

On sent qu’un effort est fait sur les consommations d’énergie en développant des projets novateurs comme « Smart Grid », le monitoring urbain ou des modes de transport alternatifs (Vélos bleus, pistes cyclables…). 

Toutefois, nous relevons encore un gros travail à réaliser en matière de lutte contre les pollutions, de maîtrise d’étalement urbain et de gestion des espaces naturels et agricoles, afin de rentrer pleinement dans le cadre des objectifs de l’Agenda 21. 

Concernant la qualité de l’air, s’il est important de savoir si l’air est pollué en installant de nouveaux capteurs, il est encore plus important de faire baisser les émissions de polluants. 

Vous affirmez vouloir réduire la pollution en diminuant de 20 % les émissions de gaz à effet de serre, mais vous ne donnez pas d’orientation claire sur la manière de faire. Comme vous vous en doutez, ce n’est pas avec des thermomètres qu’on fait baisser la température d’un malade, et c’est bien la même chose avec la pollution. Il faut s’attaquer aux causes de la pollution. Par exemple comment baisser les flux de circulation, le trafic automobile. 

Permettez-moi, Monsieur le Président, de soumettre à votre sagacité quelques idées. 

Pourquoi ne pas réfléchir, par exemple, parallèlement au développement des transports en commun, à la mise en place des zones 30 en ville, qui permettent de faire baisser de 36 % les émissions de polluants ? 

On peut aussi réfléchir à la fermeture de l’incinérateur de l’Ariane qui pollue Cimiez et la vallée du Paillon. 

On aurait aussi aimé qu’une attention particulière soit apportée à l’agriculture périurbaine avec une réflexion sur un plan de protection et de sanctuarisation des terres agricoles mises à mal par la multiplication des projets qui bétonnent la plaine du Var. 

Concernant l’élaboration d’une stratégie d’équipement commercial, je suis surpris de voir apparaître dans le rapport page 59, les projets des vastes zones d’urbanisme commercial que sont l’extension de Cap 3000, Polygone Riviera et Nice One pour un total de 87 000 m². 

J’avais dans l’idée que le développement durable devait prôner le maintien d’un petit commerce. En effet, si Nice, Saint-Laurent-du-Var et Cagnes-sur-Mer verront leur offre renforcée, je m’interroge quant aux risques de désertification des commerces dans les villes et villages périphériques. 

Finalement, le tout peut laisser un sentiment général de déception. Je pense qu’on est au début, on a un grand retard à rattraper, ce retard est en train d’être rattrapé. Je pense que les actions y sont, mais on a du mal à voir une stratégie et une cohérence globale. On veut bien limiter les pollutions atmosphériques mais on continue à miser sur l’incinération. On veut bien protéger le petit commerce, mais à côté on procède à une course à l’urbanisme commercial. On parle bien d’agriculture périurbaine, mais on ne protège pas les terres agricoles. 

Pour conclure, si l’on veut faire de la métropole un centre d’innovation sur les politiques de développement durable, ce qui semble être votre volonté, il faut à mon avis voir plus haut, plus loin, plus fort. 

Dans un contexte international hautement concurrentiel, la métropole azuréenne possède des potentialités indéniables pour peu qu’on aille de l’avant. Il manque, me semble-t-il, pour y arriver, deux piliers essentiels. Rassurez-vous, ils existent, mais ils sont à l’état embryonnaire, pour ne pas dire végétatif. 

Premièrement, pourquoi ne pas envisager la création d’une agence métropolitaine d’urbanisme, comme à Bordeaux où Alain Jupé a chargé Jean-Marc Offner, éminent urbaniste, de diriger une agence de 70 personnes, alors qu’ici l’ADAAM ne compte que 6 salariés. Au regard de la qualité des services métropolitains, nous avons en interne toutes les compétences requises pour créer une telle agence. 

Le second pilier relève, quant à lui, de l’enseignement supérieur en faisant de l’IMREDD, l’Institut méditerranéen du risque, de l’environnement et du développement durable, une véritable unité de formation et de recherche, ce que l’on appelle dans notre jargon universitaire, une UFR. 

Actuellement, on ne fait qu’y placer des formations existantes pour lui donner une existence, alors qu’il faudrait créer des formations gravitant autour de l’urbanisme durable, des nouvelles technologies du génie territorial par exemple. 

Il n’existe pas en France de filière de formation complète allant du bac au doctorat sur le développement durable ; la métropole gagnerait en attractivité avec la mise en place d’une filière d’excellence unique en France, comme cela se fait par exemple dans les universités ou les écoles polytechniques de Milan, Turin et Lausanne pour ne citer qu’elles. 

La synergie engendrée par ces deux services publics travaillant de concert pourrait donner de belles choses, mais j’ai bien peur que nous passions à travers de belles opportunités tant le rapport que j’ai entre les mains manque de volonté politique (pas de travail, j’insiste bien sur ce point) à vouloir traiter les problématiques environnementales et écologiques à leurs racines. 

Merci de votre attention.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.