Projet éducatif de territoire (PEDT) de la ville de Nice et du plan mercredi 2018-2021

Conseil municipal du jeudi 11 octobre 2018

Délibération 23.1Adoption du projet éducatif de territoire (PEDT) de la ville de Nice et du plan mercredi 2018-2021

 

M. GIAUME.

Il s’agit d’un document, qui fait 80 pages, élaboré avec la Caisse d’Allocations Familiales, la Direction Départementale de la Cohésion Sociale, l’Inspection d’académie et nos services de l’Education, à savoir le service de l’Education, le service de la Restauration scolaire et le service de la Jeunesse. Je voudrais vraiment remercier l’ensemble de nos agents qui se sont mobilisés durant quatre mois pour faire ce document. Et un clin d’oeil particulier à notre nouveau directeur général adjoint qui a fait un gros travail de synthèse.

Ce document, qui représente une année de travail, a vocation à créer le continuum entre le temps périscolaire, le temps extrascolaire et le temps scolaire. Le ministre de l’Education, au mois de juin, avait annoncé qu’il fallait travailler sur la qualité des mercredis, la qualité du péri et de l’extra-scolaire. Nous y travaillons à Nice, depuis un an, puisque nous avons mis en place plusieurs projets. Ce document a pour vocation de fixer, pour les trois années à venir, les orientations que la Ville de Nice souhaite prendre. Je vais donner quelques exemples.

Depuis l’année dernière, nous étions ville-pilote puisque nous sommes passés aux quatre jours, ce qui libérait le mercredi et beaucoup d’activités périscolaires. Aujourd’hui, 87 % des communes sont repassées aux quatre jours. Dans les thématiques territoriales originales que la Ville de Nice a mises en place, on peut citer le Plan Ski qui touche 320 enfants, le Plan nautique, 5 000 enfants entre le mois d’avril et le mois de septembre, une politique de formation active des personnels de l’éducation qui sont en relation avec les enfants, la transmission du patrimoine niçois autour d’un projet original qui s’appelle Nice à 21, c’est-à-dire la Nice du XXIe siècle, des plans bilingues dans les écoles, des livrets sur Terra Amata, sur René Cassin, et aussi des centres de loisirs d’application liés à des thématiques territoriales. Il y a aussi, dans ce plan, le travail de mémoire en continu sur le Camp des Milles, sur le livret, le passeport citoyen. Bref ! C’est un document qui nous permet de fixer, pour les trois années à venir, avec nos partenaires, le projet que la Ville de Nice souhaite faire sur l’éducation.

En conclusion, je voudrais dire qu’un très bel exemple, qui a démontré cette synergie entre les différents services, a été la mise en place du centre de loisirs d’application sur Terra Amata puisque, durant les vacances de Pâques, les enfants du centre de loisirs ont pu visiter, en même temps qu’ils étaient dans le centre de loisirs dédié à la préhistoire et à l’archéologie, le musée Terra Amata. Ces enfants ont pu faire ce travail. Donc, c’est une belle synergie entre tous les services de la Ville.

Dernier petit clin d’oeil : je voudrais remercier les mots très gentils de José Cobos. Henri Deglane a été champion olympique en 1924, à Paris. Donc, pour les Jeux du centenaire, puisque nous les aurons à Paris en 2024, il sera bien de mettre en valeur ce grand champion olympique, le premier Français champion olympique de lutte.

Quant à la Villa Paradiso, elle est de 1882 et pas de 1900, et ce n’est pas la baronne de Haar, alliée de la famille Rothschild, qui l’a fait construire, mais Adolphe Sicard qui était un commerçant niçois qui avait fait fortune. Après, il va être ruiné, et c’est la baronne de Haar qui va la récupérer. L’architecte s’appelle Lucien Barbet.

[…]

M. LE MAIRE.

Je vous remercie. Qui souhaite intervenir ? Monsieur Allemand ?

M. ALLEMAND.

Monsieur le Maire, j’interviendrai sur la 23.1, l’adoption du projet éducatif de territoire, tout dabord pour, à notre tour, remercier les services qui ont fait un travail important. Il n’y a quà voir la richesse du document pour s’en rendre compte. Nous l’avons précisément examiné de près tout simplement parce que nous avons regretté, pendant plusieurs années, l’absence d‘un PEDT sur la ville de Nice, et il est normal qu’aujourd’hui qu’il sort enfin, et qu’il soit soumis au vote des élus, on s’y intéresse, même si le contexte n’est pas tout à fait le même qu’il y a deux ans puisque, entre-temps, il y a eu le retour à la semaine des 4 jours.

Nous voterons pour le PEDT et, dans la foulée, pour le Plan Mercredi 2018-2021 à l’initiative du gouvernement, qui permettra de mieux financer certaines de nos actions. Néanmoins, trois interpellations pour Monsieur l’adjoint.

Il y a 170 établissements scolaires à Nice, dont 16 sous contrat. En page 33, il est traité du soutien aux familles en situation de précarité, on annonce 40 établissements partenaires du projet de réussite éducative. Comment ont-ils été sélectionnés ? Est-ce que cela vient des services de l’Education nationale ? La question qui est latente est : est-ce qu’il n’y a aucun problème de précarité dans les autres établissements ? En tout cas, cest un domaine sur lequel nous souhaiterions avoir des précisions.

Deuxième domaine nous voudrions avoir des précisions : la nature des enfants concernés par le soutien précarité. On s’aperçoit qu’il y en a 51 de 3 à 6 ans ce sont les chiffres du PEDT , 147 entre 6 et 11 ans et 198 entre 11 et 16 ans. La question est logique : comment explique-t-on cette croissance du nombre de cas dits de précarité au fur et à mesure que l’enfant devient adolescent ?

Ma troisième question se rapporte à la page 41 du PEDT. Notre groupe souscrit totalement à l’initiative de la réserve civile pour sensibiliser aux sept risques majeurs auxquels nous pouvons être exposés. Mais, lorsque l’on voit qu’en 2018, 132 classes ont été concernées soit moins d‘une classe par établissement , cela va prendre des années. J’aimerais que le PEDT trace un objectif qui pourrait être que, sur une génération délèves dans un établissement, un élève ait assisté au moins une fois à cette campagne de sensibilisation qui est importante, à nos yeux.

Enfin, et ce sera ma dernière réflexion, le veloppement des actions pour la diffusion de la langue niçoise est très important. Nous soutenons l’esprit du projet Nissa 21. Mais, nous souhaitons que cela aille dans le sens de l’ouverture à l’autre.

C’est-à-dire que celui qui vient dailleurs comprenne la ville il est arrivé, qui est une ville qui a une identité forte. Je ne voudrais pas que cela aille dans le sens du repli sur soi. Je ne voudrais pas que, demain, on se serve des classes bilingues pour échapper à la mixité sociale. Je vous demande dêtre vigilant là-dessus.

Sous ces réserves et ces remarques, qui sont somme toute assez mineures, cest un bon document et nous le voterons.

 M. LE MAIRE.

Madame Boy-Mottard ?

[…]

M. GIAUME.

Pour répondre aux trois questions de Monsieur Allemand, la première par rapport à la précarité sur les zones et la répartition, c’est essentiellement concentré sur les REP et REP+, et le travail se fait en lien avec les associations sur ces territoires.

Depuis l’année dernière, à la demande de notre maire, nous avons créé 50 classes entre les CP et les CE1, ce qui est énorme. Le ministre a mis les enseignants, et nous, nous avons souhaité créer des classes, c’est-à-dire qu’il n’y a pas deux enseignants dans la même classe, il y a 50 nouvelles classes.

Les visites que j’ai pu faire dans ces écoles montrent qu’il y a une nette amélioration du niveau de ces élèves. Donc, le travail sur la précarité est réel, et l’investissement de la Ville l’est aussi.

La deuxième question porte sur les risques majeurs : nous allons travailler avec la réserve civile pour, sur les 4-5 années où les élèves sont en école primaire, avoir toutes les classes. C’est un plan que l’on déploie.

Sur la troisième question concernant le niçois, je dirais qu’il suffit de regarder où l’on a créé cette école bilingue en 2013 : elle est aux Orangers. Et donc, rien que le positionnement dans le quartier de Saint-Roch montre que c’est une école qui est pour tout public. Je voudrais aussi couper court à toute opposition : quand on parle des langues régionales, on aurait tendance à les opposer au français en disant que l’on se replie. Non ! Des études très sérieuses de l’Education nationale montrent qu’un enfant qui fait des langues régionales est plus ouvert à faire, après, les langues étrangères. Cela donne une aptitude. Les premiers prix remis aux lycéens qui ont les meilleurs épreuves au Bac le sont à des enfants qui sont d’origines très diverses, qui étudient le niçois en se disant : c’est le territoire et je vais apprendre la langue du territoire. Un capverdien, un tchéchène qui a 18 au Bac. Donc, Monsieur Allemand, je peux vous rassurer : cette langue niçoise, nous la diffusons auprès de tous les enfants de Nice, et c’est une volonté de notre maire de transmettre notre langue. Le jour où nous ne transmettrons plus notre langue, notre identité se perdra. Elle est ouverte. C’est l’hommage à René Cassin que notre maire fera le 10 décembre. Nous allons du local à l’universel. Quand on aime Nice, on ne compte pas, et on n’exclut personne.

M. LE MAIRE.

Je vous remercie. Je mets aux voix les rapports.

La délibération 23.1, mise aux voix, est adoptée à lunanimité.