Reconduction de quatre dispositifs d’accueil solidaire de la petite enfance

Conseil municipal du vendredi 2 février 2018

Intervention de Patrick ALLEMAND

Délibération 8.1 : Reconduction de quatre dispositifs d’accueil solidaire de la petite enfance Renouvellement de quatre conventions de partenariat avec des institutions publiques et des associations loi 1901

Mme MONIER.

Merci beaucoup.

Le rapport 8.1 : il s’agit de la reconduction de quatre dispositifs d’accueil solidaire de la petite enfance. Cela concerne :

L’association ALC : c’est une convention qui permet aux enfants de 0 à 6 ans des familles qui sont hébergées au centre maternel Bon-Voyage de bénéficier d’une priorité correspondant à 5 places sur la liste d’attente d’établissements d’accueil du jeune enfant de la ville de Nice.

Il en est de même pour la Fondation Patronage Saint-Pierre ACTES, au bénéfice de la fondation, toujours une priorité sur la liste d’attente et qui correspond à 6 places.

Nous avons aussi Accueil Insertion Professionnelle, dispositif issu d’un appel à projet national qui a été lancé en 2011 par la CNAF et auquel la Ville a candidaté. Il y a sur la liste d’attente 10 places d’accueil qui sont réservées pour les enfants dont les parents sont inscrits dans un parcours d’insertion professionnelle et de retour à l’emploi.

Le quatrième partenaire est le CCAS qui est gestionnaire d’un centre d’hébergement et de réinsertion sociale, toujours dans le même objectif de permettre à des enfants de 0 à 6 ans des familles hébergées par le CHRS du CCAS de bénéficier d’une priorité qui correspond non plus à 2 places mais désormais à 5 places modulables par le CCAS, afin d’accueillir ces enfants et d’accompagner ces familles. Nous pouvons nous réjouir, même si c’est vrai qu’avoir des familles en difficulté est toujours quelque chose de difficile, de pouvoir au maximum accompagner ces familles et toutes ces associations.

Ces dispositifs permettent de lever les freins qui sont liés à la garde d’enfants lors de la construction d’un parcours de réinsertion sociale ou de retour à l’emploi.

[…]

M. PRADAL.

Merci de cette présentation.

J’ai une demande d’intervention du groupe « Un autre avenir pour Nice ». Monsieur Allemand.

M. ALLEMAND.

Nous voterons l’ensemble des libérations de Mme Monier. Je voudrais profiter de ces libérations pour lui demander exactement qu’elle nous fasse un point sur le conflit qu’il y a eu avec le personnel des crèches, parce que je les ai rencontrés, j’ai senti me semble-t-il une véritable tresse, une préoccupation devant des difficultés de fonctionnement. Je voudrais savoir vous en êtes pour la résorption de ce problème, Madame.

Mme MONIER.

Cela fait plusieurs mois que nous travaillons. Des groupes de travail pluridisciplinaires ont été instaurés pour trouver la cause de l’absentéisme ou d’un mal-être possible. Nous avons travaillé avec les différents personnels, avec les RH, et je voudrais remercier l’équipe RH et ma collègue Nadia Lévi, pour comprendre quelles étaient les raisons du malaise et trouver des solutions adaptées.

C’est vrai qu’il y a un lourd accompagnement parental, il y a des quartiers où c’est un peu plus compliqué. Nous avons des PAI, nous avons des enfants en repérage de handicap. Toutes ces causes expliquent aussi que c’est un métier difficile, vous l’avez compris, et qu’un accompagnement parental est primordial et important pour permettre aux enfants et aux parents d’aller travailler mais en même temps de réfléchir avec le personnel sur les solutions à adopter.

Cela fait cinq mois que nous travaillons sur ce sujet. Nous avons rencontré aussi tous les partenaires sociaux une semaine avant une manifestation. Des propositions concrètes avaient été faites, parce qu’il était important que nous sachions où et comment agir. Ce n’était pas uniquement une question de recrutement, parce que 98 % des agents sont recrutés et tous les postes sont pourvus ; il s’agissait de comprendre ce qui allait à côté et quelle était la nécessité d’accompagner certains établissements dans lesquels c’était beaucoup plus compliqué parce qu’il y avait des raisons sociales et un accompagnement aussi des équipes dans leur fonctionnement. Ce n’est pas évident de travailler toute la journée les uns avec les autres.

Il faut aussi essayer d’accompagner, d’harmoniser peut-être et de fluidifier certains rapports. Nous avons beaucoup travaillé sur ce sujet. Ce n’est pas fini. Deux réunions ont été tenues avec l’ensemble du personnel, en deux soirées parce qu’il était difficile de regrouper tout le monde, justement pour instaurer ce dialogue direct. D’ailleurs on a instauré aussi la boîte à idées et à parole, qui permet de libérer la parole pour que l’on soit le plus réactif possible et vraiment partie prenante, ensemble, pour construire des solutions.

Nous avons déjà adopté et entériné des mesures qui ont été acceptées par tous. Suite à ces études et celles que nous allons continuer ensemble, il va y avoir des team buildings, beaucoup de choses sont mises en place en parallèle, nous allons recruter – d’ailleurs c’est déjà en cours, je peux le dire – des agents qui viendront en renfort dans tous ces établissements qui sont en difficulté.

M. ALLEMAND.

Voilà une bonne nouvelle.

Mme MONIER.

Difficulté parce qu’il y a de l’absentéisme et parce que c’est compliqué.

Nous allons aussi accélérer les procédures de recrutement. Cela demandait parfois deux mois, voire un peu plus. Nous allons faire en sorte – et c’est ce que nous avons acté – d’avoir un recrutement au fil de l’eau. Nous ferons un point hebdomadaire des besoins et, si le recrutement est nécessaire, nous recruterons immédiatement sans passer par le protocole qui était inhérent au fonctionnement actuel, c’est-à- dire un mois.

Il y a un pool ; ce pool va être recentré exclusivement sur des missions de remplacement de courte durée : un agent qui est malade dans un établissement ou qui a son enfant malade, toutes ces petites choses qui au quotidien grèvent le fonctionnement et qui alourdissent la tâche de nos agents.

Évidemment, c’est ce que je vous ai dit, nous travaillons main dans la main avec les RH, chose que les agents ont appréciée. Ce sont des groupes qui vont être créés, ils fonctionnent déjà, mais que l’on va encore accélérer pour comprendre, parce que ce n’est pas qu’une question de RH, c’est surtout comprendre l’évolution de la société, la difficulté, la pénibilité pour les agents d’accompagner le changement de la société et d’être vraiment le plus performants possible.

Nous en sommes là. Le dialogue est ouvert, nous nous sommes donné rendez-vous très prochainement pour évaluer l’impact des premières mesures auprès des agents, pour savoir si ce que l’on met en place correspond à leurs attentes ou ce sur quoi on doit encore travailler ensemble. Je précise que c’est un dialogue permanent ; il n’y a pas une structure qui ait le même ressenti, nous faisons vraiment du travail dans la dentelle pour permettre à nos agents de s’épanouir. Nous allons même travailler sur des critères de qualité : qu’est-ce que la qualité au travail, le bien-être au travail aussi, par quoi cela passe-t-il pour essayer de trouver les meilleures solutions qui soient adaptées.

M. ALLEMAND.

C’est le pool que vous proposez…

 M. PRADAL.

Pardon, Monsieur Allemand, je le redis, j’ai l’impression que lorsque je préside, à chaque fois je suis amené à le redire, le conseil municipal n’est pas une partie de ping-pong, si vous souhaitez la parole, vous me la demandez, je vous la donne bien volontiers et on complétera, mais évitons ces interpellations directes qui compliquent singulièrement la tâche des sténotypistes en charge de relater nos débats, et la clarté des débats.

Monsieur Allemand, si vous souhaitez la parole, je vous la confie à nouveau.

M. ALLEMAND.

Merci. C’est pour avoir une précision.

Si je vous ai bien écoutée, c’est le pool que vous allez créer qui va permettre de répondre à ces absences inopinées qui entraînaient jusqu’à présent, éventuellement, la prise de fonction de personnes qui n’avaient pas les qualifications ?

Mme MONIER.

Non, je vous arrête.

M. ALLEMAND.

Il fallait parer au plus urgent.

Mme MONIER.

Remettons les choses à leur place.

Déjà, je crois qu’il y a un malentendu. Quand on dit qu’on a 100 % de personnels diplômés, la loi demande 40 % de personnels diplômés au contact des enfants et 60 % de personnels qualifiés. À la ville de Nice, nous avons 100 % de personnes qui sont diplômées au contact des enfants et en plus nos agents d’entretien sont des personnes qualifiées : 90 % des 123 agents qui travaillent à l’heure actuelle au contact des enfants et qui travaillent dans nos structures sont qualifiés, c’est-à-dire que si demain ils souhaitent partir de la ville de Nice pour aller travailler dans d’autres villes de France, dans des structures associatives ou privées, ils sont habilités à travailler toute la journée au contact des enfants.

Quand on dit 100 %, c’est que de la directrice à l’agent d’entretien, tout le monde est habilité à travailler avec un enfant. Pour qu’on soit clair, la règle est celle-là.

Le pool concerne puéricultrices, EJE, auxiliaires, agents d’entretien. Son rôle dorénavant sera d’aller remplacer les agents quand il y a des petites absences dans la vie de tous les jours : votre enfant est malade, vous avez la gastro (c’est d’actualité), ce pool de 17 personnes va s’occuper de tous ces petits épisodes de la vie.

De plus, puisque nous travaillons sur le bien-être des agents, nous travaillons avec eux pour recenser les établissements dans lesquels il y a une problématique supplémentaire : y a-t-il plus de PAI, y a-t-il plus de parents difficiles, quelles sont les difficultés, et en fonction de ces éléments, nous allons adapter et apporter un renfort, c’est-à-dire que nous allons créer des emplois supplémentaires pour venir renforcer. Mais quel est ce renfort ? Est-ce parce qu’il manque un agent, est-ce parce que c’est difficile et qu’il faudrait peut-être plutôt du temps de psychologue pour parler avec les parents ? Faut-il aussi des ajouts ? C’est pour cela que la cellule DRH va venir nous aider pour dialoguer. C’est du travail dans la dentelle.

Nous travaillons sur deux éléments. Le recrutement en est un. Il y a eu 24 jurys en 2017. Nous embauchons et je remercie tous mes collègues d’accepter que la petite enfance reste prioritaire et que ce soit là que l’on recrute à chaque fois que c’est nécessaire. Nous le faisons et nous ajoutons du personnel pour les soulager quand cela devient plus compliqué. Vous comprenez que ce dialogue doit être permanent. Il y a 27 établissements municipaux dans la ville et nous allons travailler avec l’ensemble de ces établissements pour apporter le renfort nécessaire au bon endroit et avec le bon profil.

C’est pour cela que nous continuons à travailler avec eux, pour savoir de quoi ils ont besoin, parce que c’est eux qui sont sur le terrain et c’est avec eux que nous allons travailler et construire, avec aussi les RH pour essayer d’avoir la réponse la mieux adaptée, car il y a de l’humain, et je voudrais que vous en soyez persuadés, ce n’est pas au rabais. C’est vraiment un personnel épanoui pour permettre à ces enfants que l’on nous confie, quelle que soit la situation de leurs parents, d’avoir aussi un épanouissement. Nous les accompagnons quel que soit leur handicap, quels que soient leurs problèmes alimentaires, nous essayons de les accompagner dans leur épanouissement et pour permettre à leurs parents, qu’ils travaillent, qu’ils soient en recherche d’emploi, qu’ils ne travaillent pas ou à temps partiel, de s’intégrer dans la société ou de retrouver un emploi. Il importe que chacun soit à sa place et soit épanoui.

On s’enorgueillit dans notre ville d’avoir un fort taux de natalité, c’est parce qu’il fait bon naître à Nice. Je peux vous assurer de l’engagement de notre municipalité pour donner le meilleur, accompagner nos agents qui font un travail formidable et que l’on doit respecter, et leur permettre aussi, parce que ce sont des passionnés, ils sont aussi passionnés que moi, de donner le meilleur possible à ces enfants et de mettre en exergue toutes leurs qualités.

J’espère avoir répondu. Merci.

M. PRADAL.

Je pense en effet que les réponses apportées étaient assez complètes. Qu’il me soit permis, non pas pour conclure mais à peine en complément, de remercier tout particulièrement madame l’adjointe d’avoir présidé régulièrement des réunions de travail, et encore une avant-hier, afin de diffuser ces informations sur les mesures qui ont été mises en place afin d’accompagner la situation et notamment la forte implication de la direction des ressources humaines, merci à Mme Nadia Lévi de l’avoir pilotée, de façon à déterminer aussi quelles étaient les mesures à prendre, d’abord afin d’identifier les causes de l’absentéisme et de voir dans quelle mesure il était possible de l’atténuer, voire d’y remédier : le renfort des équipes par le recrutement d’un agent supplémentaire dans les structures en difficulté, cela a été dit ; l’accélération des recrutements ; et l’affectation prioritaire du pool de 17 agents aux remplacements de courte durée.

Qu’il me soit permis aussi, à cette occasion, de saluer le travail remarquable effectué – bien sûr parce que l’adjointe fait un travail remarquable – par l’ensemble des agents de la petite enfance et l’ensemble de cette DGA, parce que c’est vrai qu’être au service des enfants est probablement une des missions dans la collectivité où l’on ne se lève pas le matin pour chercher le sens de son travail, c’est sûr, mais en revanche c’est certainement difficile, et parfois les parents ne sont pas aussi faciles ou aussi aidants qu’on pourrait l’imaginer ou le souhaiter.

C’est la raison pour laquelle Christian Estrosi a souhaité que, immédiatement en réponse à ce moment un petit peu particulier qui a pu conduire des agents à exprimer leur malaise publiquement, on puisse apporter des réponses concrètes avec des recrutements, mais aussi apporter des réponses de pérennité de l’accompagnement avec cette étude et ces réunions de travail qui se poursuivent, et avec une mission spécifique confiée à monsieur le directeur général des services de veiller à ce que l’ensemble de ces mesures soient efficaces dans le temps et fassent l’objet d’une évaluation régulière.

Cela étant précisé, je vous propose de passer au vote.

La délibération 8.1, mise aux voix, est adoptée à l’unanimité des suffrages exprimés.

Mmes Estrosi-Sassone, Ferralis, Martinaux, Monier, Saliceti- Adroguer, Carreau, Dorejo et MM. Dejeandile, Estrosi et Guérin ne prennent pas part au vote.