Vente de biens communaux – Villa Paradiso

Conseil municipal du jeudi 11 octobre 2018

Délibération 16.1Vente de biens communaux – Approbation des cessions intervenues dans le cadre de la procédure de mise en vente de biens communaux

 

Mme GILLETTA.

Dans cette délibération, il s’agit de la vente de biens communaux. Je vous propose d’approuver à la fois les offres d’achat reçues pour les biens dont la mise en vente avait été préalablement actée par le Conseil municipal, ainsi que la mise sur le marché de biens immobiliers dont la cession a reçu un avis favorable du GTS.

Vous avez, dans la délibération, le détail de tous ces biens, ainsi que les divers avis de France Domaine. Vous verrez que les offres d’achat acceptées sont toutes très supérieures aux avis de France Domaine, de 10, 20, 30 et même presque 40 %. Je vous donne deux exemples parlants : un local qui est rue Sainte-Réparate, France Domaine l’a évalué à 500 000 €, et nous avons accepté une offre à 718 000 € ; le petit immeuble qui est 12 avenue République, avec sept logements dans un état épouvantable, comme tout l’immeuble d’ailleurs, évalué à 790 000 €, et nous avons accepté une offre à 1,2 M€. Je vous le fais remarquer parce que j’ai entendu parler de braderie. Une braderie, pour moi, c’est des biens qui sont vendus à très bas prix ; nous en sommes loin.

[…]

M. LE MAIRE.

Je vous remercie. J’ai une demande d’intervention de monsieur

Patrick Allemand. Vous avez la parole.

M. ALLEMAND.

Je vais commencer par un tail amusant : je suis né, moi aussi, au 1, rue Assalit.

Mme GILLETTA.

Ce n’est pas possible ? Nous étions faits pour nous rencontrer.

M. ALLEMAND.

Monsieur le Maire, cette année, nous venons de réaliser pour

46 M de cessions, avec notamment les terrains dIKEA, du Ray et de Saint-Jean- dAngély. Et vous comptez continuer sur cette lancée. La preuve : cette libération aujourd’hui.

Vous vendez des appartements, des terrains, vous savez ce que j’en pense, nous nous sommes dé exprimés plusieurs fois là-dessus. Vous vendez, plus intéressant, le 810 cité du Parc, ce qui montre que vous avez finitivement renoncé au projet de réouverture des terrasses des Ponchettes que vous avez eu à un moment donné. Mais, je pense que cest la loi de la sagesse parce que cest très complexe.

En revanche, vous ne pouvez pas vendre la Villa Paradiso. Cette villa remarquable fait partie du patrimoine des Niçois, et elle a une histoire, ce n’est pas un simple appartement. Elle a été construite en 1900 par la baronne de Rothschild, sur un parc de près de 2 hectares.

En fait, elle ne l’occupât que peu, et en fît, finalement, don à la Ville de Nice. Quelque temps avant la deuxième guerre mondiale, Mussolini ayant confisqué la Villa Médicis, la Villa Paradiso devient le siège du Grand Prix de Rome. Puis, après guerre, elle accueillera, jusqu’en 2006, le Conservatoire régional de musique, avant dabriter des services municipaux.

Conformément aux desiderata de la baronne, le parc est toujours resté accessible au public, avec des aires de jeux pour les enfants.

Monsieur le Maire, vous ne pouvez pas vendre cette villa. Je vous assure que ce sera très mal ressenti par la population. Pour l’instant, peu de gens sont au courant, et je ne doute pas que, y compris dans le quartier de Cimiez, cette nouvelle fera grand bruit.

Alors, je vous demande de retirer la Villa Paradiso de cette délibération, et nous la voterons, comme nous l’avons toujours votée. Dans le cas contraire, ce sera un vote négatif.

 M. LE MAIRE.

Je vous remercie. Madame Chesnel ?

Mme CHESNEL.

Je vais rebondir sur ce qu’a dit mon collègue Patrick Allemand, et cela me permet de passer tout l’historique de cette magnifique Villa Paradiso, patrimoine niçois depuis 1900.

J’ai une proposition à vous faire : je vous propose d’installer notre Muséum d’histoire naturelle dans la Villa Paradiso, et ainsi donner un bel écrin aux collections qui sont aujourd’hui enfermées dans l’actuel Musée Barla, boulevard Risso.

En effet, je me souviens qu’un grand projet devait élargir les missions de ce musée, en le déplaçant au Parc Phoenix ; c’était une promesse faite en 2013. Le site internet du musée (mhnnice.org) rappelle d’ailleurs combien il se trouve à l’étroit boulevard Risso, et combien ils attendent ce déménagement ; voici une occasion. La biodiversité de notre territoire est exceptionnelle, la connaissance de la botanique et de la zoologie passe aussi par un musée qui met ses collections en valeur, et qui pourra élargir ses missions scientifiques et culturelles. La Villa Paradiso serait vraiment un bel endroit. J’espère que cette proposition fera son chemin et rejoindra les désirs de monsieur Patrick Allemand.

M. LE MAIRE.

D’autres interventions ? Madame Boy-Mottard ?

Mme BOY-MOTTARD.

Je voudrais intervenir à propos de cette délibération 16.1, sur deux points. Le premier point concerne la Villa Paradiso. Je voulais dire à madame Gilletta que, même si j’interviens assez souvent sur ces questions-là, je n’ai jamais accusé de brader quoi que ce soit, je ne trouve pas que l’on vende spécialement à bas prix les biens, je reproche simplement que l’on vende certains d’entre eux. Je ne suis pas gênée sur le fait que l’on vende un certain nombre de biens immobiliers dont nous n’avons pas spécialement l’utilité, qui sont souvent très dégradés.

Mais, pour la Villa Paradiso, après la Villa Beluga, cela fait beaucoup. Je ne peux pas me résoudre à voir partir de tels biens. On ne va pas rappeler le passé historique, artistique de cette villa ; cela a déjà été fait. Je trouve que c’est une excellente idée parce que, depuis longtemps, je me dis qu’il serait vraiment bien que l’on puisse voir les collections du Musée des sciences naturelles, plutôt qu’elles soient dans des caves. Ce serait une belle chose. Cela ne veut pas dire qu’il faille continuer à héberger les services de l’Education nationale, on peut éventuellement en faire autre chose.

Il y a un problème que me signalait mon collègue Marc Concas : il n’y a eu pas de visite sur les lieux de membres du GTS, ce qui, en principe, est le cas pour ce type de bâtiment.

Mme  GILLETTA.

Non, ce n’est pas le cas. Cela n’a pas été demandé.

Mme  BOY-MOTTARD.

Cet aspect m’empêchera de voter la délibération.

Le deuxième problème que je veux soulever relève plus de la question : je me suis rendu compte que, dans l’évaluation des biens occupés, notamment pour les fonds de commerce, l’évaluation de France Domaine est très faible ; ce qui, pour celui qui occupe les murs présente un énorme avantage. Une de nos collègues me faisait remarquer, au sortir d’une réunion en commission où j’avais soulevé le problème, qu’il était impossible de faire autrement car ce serait en défaveur d’autres acheteurs potentiels. Mais, étant donné que la vente est proposée, de toute façon, en priorité à celui qui est à l’intérieur, puisqu’il a une sorte de droit de préemption dessus, je me demande si l’on ne pourrait pas tenir compte de la valeur vénale du bien au prix du marché, sans compter spécialement l’occupation.

Je ne m’oppose pas à ces aspects des choses, j’espère seulement que les commerçants concernés sont conscients des avantages qu’on leur accorde. Je pense que c’est le cas puisqu’ils acceptent de payer au-delà de cette valeur. Peut- être que cela pourrait aller éventuellement plus loin. Mais, je me demandais s’il n’y avait pas un moyen de faire en sorte d’avoir une proposition qui corresponde davantage à cette priorité puisque c’est à eux que l’on fait la proposition d’abord.

M. LE MAIRE.

D’autres interventions ? Monsieur Aral ?

M. ARAL.

J’interviens sur la délibération 16.1. J’ai, assisté le 18 septembre dernier, à la session du groupement de travail spécialisé sur la mise en vente des biens communaux et, comme d’habitude, nous n’avons découvert l’ordre du jour qu’en début de séance. C’est-à-dire que nous sommes appelés à donner notre avis sur la mise en vente de divers biens communaux sur lesquels nous n’avons pas eu d’informations préalables. Nous n’avons, pour nous prononcer, que quelques minutes en fonction des informations délivrées par le service des biens communaux lui-même. Donc, des informations sélectives et partielles qui nous poussent, le plus souvent, à donner un avis favorable.

Parmi les biens communaux que la Mairie désirait céder, lors de cette séance du 18 septembre, il y avait la fameuse Villa Paradiso, l’ancien conservatoire de musique. Le service nous a indiqué que le bâtiment nécessitait d’importants travaux de rénovation et de désamiantage, que l’on pouvait malgré tout le vendre pour un prix de 7 millions, et que l’on pourrait reloger les services de l’Education dans des locaux plus adaptés.

On peut s’étonner du faible intérêt économique de l’opération car, pour reloger en location, les 87 agents municipaux du service de l’Education, le service estime qu’il faudra débourser 450 000 € par an, c’est-à-dire que la vente ne financera que quinze années de loyer, et encore, ce n’est même pas sûr car il faudra déduire des 7 millions (coût non chiffré) de la remise en état du parc avec le démontage des préfabriqués. L’intérêt n’étant pas économique, il est donc ailleurs.

Deux jours plus tard, nous apprenons, par Nice Matin, une information capitale, mais qui n’a pas été délivrée aux membres du GTS, à savoir que ce bien est mis en vente suite à une demande spontanée d’une représentation diplomatique. Autrement dit, on sollicite pour la forme l’avis du GTS, mais la vente est déjà négociée. D’autant plus que, curieusement, lors de cette même séance du GTS, les critères de choix du cessionnaire ont été modifiés. Le critère de sélection n’est plus seulement le plus offrant, mais ce sera aussi l’intérêt pour la commune. Préparerait-on une cession à un prix en dessous du prix du marché pour un prétendu intérêt communal ?

Je souhaiterais donc, Monsieur le Maire, pour l’information complète des élus que nous sommes, et à travers nous, pour l’information des Niçois, que vous nous livriez maintenant le nom du pays qui est pressenti pour installer sa représentation diplomatique dans une de nos plus belles villas communales. Merci, Monsieur le Maire.

M. LE MAIRE.

Y a-t-il d’autres interventions ? Monsieur Vérola ?

M. VEROLA.

Monsieur le Maire, je suis réservé pour la Villa Paradiso. En revanche, j’approuve totalement pour les commerçants qui veulent acquérir leur fonds de commerce ; c’est une bonne chose. Je suis plus réservé sur Sainte- Réparate, l’avenue de la République : il faudrait savoir ce qui va se faire dans le Vieux Nice parce que je peux avoir certaines craintes. Donc, je m’abstiendrai.

Mme GILLETTA.

Il y a plusieurs questions. Je vais quand même répondre tout de suite à Monsieur Aral parce que ce n’est pas vrai que vous avez découvert sur table. On vous l’a envoyé le 14 septembre par mail : il y avait la convocation et tout le livret.

M. ARAL.

Je ne l’ai pas reçu.

Mme  GILLETTA.

Nous l’avons envoyé à tout le monde. J’y veille absolument. C’est toujours 4 ou 5 jours avant la réunion.

M. ARAL.

Je vous en donne acte, mais je ne l’ai reçu que le jour même.

Mme GILLETTA.

Le jour même, on en parle tranquillement ensemble et, si je me souviens bien, la vente de la Villa Paradiso a été votée à l’unanimité, majorité et opposition. Cela va peut-être faire de la peine à madame Boy-Mottard, mais Marc Concas l’a votée.

M. ARAL.

Je l’ai votée aussi, mais nous n’avions pas toutes les informations.

Mme GILLETTA.

Vous avez dit que la chose était déjà faite. Il ne faut pas que vous croyiez tout ce que dit Nice Matin ; en plus, vous l’avez mal interprété.

M. LE MAIRE.

Attention ! Ne dites pas une chose pareille, vous risqueriez, au- delà des foudres que nous encourons déjà, d’en avoir de bien plus importantes. Même si c’est vrai que, sans citer de journal, il ne faut pas toujours croire ce qu’il y a dans le journal.

Mme GILLETTA.

Il me semble que je vous avais expliqué que, spontanément, il y a plusieurs années, des personnes étaient venues nous voir parce qu’elles étaient intéressées par l’achat de la Villa Paradiso. Effectivement, à un moment donné, un pays étranger voulait y faire quelque chose.

M. ARAL.

Donc, ce n’est plus d’actualité ?

Mme GILLETTA.

C’était il y a 6 ans, si je me souviens bien, et c’est complètement abandonné.

M. ARAL.

J’ai ma réponse.

Mme GILLETTA.

Moi-même, je n’étais pas seulement à la rue Assalit quand j’étais petite fille, j’allais me promener dans les jardins de la Villa Paradiso et, après, j’ai amené mes enfants au conservatoire. Nous avons tous des liens particuliers avec cette villa, nous y sommes tous attachés.

Nous vous proposons un principe de vente, ce n’est pas pour autant qu’elle est vendue. On veut se donner un regard sur les projets qui vont nous être proposés. Etant entendu qu’il y a déjà beaucoup de personnes, qui sont venues la voir spontanément, qui se sont rendu compte qu’un hôtel ne peut pas se faire, il n’y a pas de mètres carrés suffisants pour faire le nombre de chambres suffisant. On ne peut pas y faire des logements parce que l’on ne peut pas la saucissonner. Il y a des locaux absolument remarquables et que l’on ne peut pas transformer en parties communes avec des logements. Il y a donc très peu de choses qui vont pouvoir se faire. Je ne vois qu’un projet artistique, comme on avait déjà eu à l’époque. Mais, à l’époque, France Domaine nous avait comptabilisé, dans l’avis de valeur, des mètres carrés qui n’existent pas, c’est-à-dire que l’on ne peut pas faire un mètre carré de plus que l’existant. Nous sommes vraiment très contraints. Ce n’est pas parce que l’on vous propose un principe de mise en vente que l’on va arriver à la vente, d’autant plus qu’il n’est pas question de la vendre en dessous de l’avis de France Domaine. Ce n’est pas parce que l’on va regarder l’intérêt du projet que l’on se prépare à la vendre en dessous ; ce n’est pas du tout le cas.

Mon rôle dans cette équipe municipale est avant tout la gestion et la modernisation du patrimoine communal. Quand on a des locaux qui sont inadaptés ou inutiles ou inutilisés, nous sommes bien obligés de nous poser la question du devenir et de ce que l’on va pouvoir en faire. Ce n’est que comme cela que l’on arrive à la vente. Nous ne sommes pas bloqués sur des ventes pour faire des ventes. C’est un peu ce que je voulais vous dire d’une façon générale, et ce qui a été décidé à l’unanimité du GTS est de faire un principe de mise en vente, et on va bien voir ce qui va arriver.

Je voulais tous vous rassurer : nous sommes très attachés à la Villa Paradiso. C’est une niche, on ne pourra pas faire grand-chose de cette maison autre que, à mon avis, quelque chose d’artistique ou autour de cela.

Quant à la modification du cahier des charges de la vente, c’est pour aller vers le mieux. On ne va pas y faire que le meilleur prix, on va y intégrer l’intérêt du projet pour la ville. Ce n’est pas du tout pour faire passer des choses en dessous de France Domaine. Nous faisons très attention à vendre toujours au-dessus de France Domaine, et cela nous réussit bien.

J’ai eu ensuite des questions sur les ventes de locaux commerciaux. C’est la loi. Vous ne pouvez pas vendre libre un local qui est loué. La valeur vénale est celle d’un endroit occupé. Je vous fais quand même remarquer que l’avis de France Domaine pour l’un, qui est la boucherie de la Tour, la valeur occupée était de

160 000 €, et nous l’avons vendu à 220 000 €. Il ne s’agit pas de la totalité de la boucherie, il s’agit du petit local de 20 mètres carrés, là où il y a la caisse, où vous allez payer la viande que vous allez acheter. Ce n’est pas du tout la totalité des murs, ils sont déjà propriétaires du reste.

Quant à l’autre, qui est avenu de la République, France Domaine nous avait dit aux alentours de 150 000 €, on le vend 170 000 €. Ce sont des commerçants qui font vivre le quartier, et nous les en remercions. Au 34, avenue de la République, Ambiance Rideaux, c’est ravissant, c’est à la satisfaction de tout le monde. Je ne vous parle pas de la boucherie de la Tour parce que je pense que tout le monde la connaît et l’apprécie. Je trouve que l’on a vendu au-dessus de France Domaine et on a respecté la loi. En plus, nous avons des commerçants que nous sommes bien contents d’avoir.

Vous savez, il y a beaucoup de gens qui sont nés à la rue Assalit. Je viens d’apprendre qu’Auguste Vérola est né au 3.

M. LE MAIRE.

Tout avait été dit ce matin puisque, dans le déroulé, vous avez, pour certains d’entre vous, le chapitre des « bijoux de famille » sur lequel j’ai fait un état des lieux extrêmement exhaustif de l’enrichissement patrimonial, sur les dix dernières années, de la Ville de Nice, sans réévaluation, de près de 200 M€. La Ville était riche de 700 M€ de patrimoine en 2008, et elle l’est de 900 millions et quelques aujourd’hui. Tout cela sans compter la revalorisation du foncier et du patrimoine bâti.

Cela veut dire que nous gérons en bon père de famille les actifs qui ne sont plus utilisés et qui n’ont pas de vocation à l’être par l’administration municipale ou pour les activités de la cité, en général. En même temps, nous bâtissons, nous construisons, nous achetons partout où nous avons à répondre à des besoins de la Ville.

Je félicite madame Janine Gilletta parce qu’elle conduit très bien cette mission qui lui est confiée et, qui plus est, si nous pouvons annoncer aux Niçois que nous avons voté une baisse conséquente de leur taxe du foncier bâti, c’est justement parce que nous avons vendu ce qui était à la vente en 2018 à un prix supérieur à l’évaluation des Domaines. Dans le BP de 2018, nous n’avions indiqué des choses que sur la valeur des Domaines, et nous avons réalisé beaucoup mieux. Cela signifie que votre ville, avec la gestion que nous en faisons, prend beaucoup plus de valeur que France Domaine ne l’estime.

Pour ce qui est, Monsieur Allemand, du 8 et 10 Cité du Parc, contrairement à ce que vous dites, c’est une partie des Ponchettes qui n’a rien à voir avec les alcôves historiques qui ont été malheureusement touchées, et dont je continue à garder dans l’idée que, lorsque nous ferons un aménagement de la Cité du Parc et un réaménagement des Ponchettes, pour lesquels nous conduisons des études en ce moment, nous les ouvrirons pour donner cette profondeur et redonner ce caractère historique. Cela a été dessiné par des architectes pour que cela ait un sens, à l’époque. Cela a été détruit par la fermeture de ces alcôves. Je veux que nous lui redonnions sa dimension historique.

Pour le Musée d’histoire naturelle, avec les réponses que vous a faites madame Gilletta, madame Chesnel, vous imaginez bien qu’il y a moins de surfaces aujourd’hui à la Villa Paradiso qu’il n’y en a dans le Musée d’histoire naturelle. Donc, ce n’est sans doute pas là que nous pourrions réaliser le Muséum d’histoire naturelle dont nous rêvons, et pour lequel nous conduisons aussi des études que nous révélerons dans quelque temps.

Enfin, comme je le disais, il ne faut pas croire tout ce que vous lisez, Monsieur Aral.

M. ARAL.

C’était une source de la Mairie qui était citée.

M. LE MAIRE.

Je ne sais pas laquelle. Il n’y avait pas de nom, c’était très anonyme, comme très souvent d’ailleurs. Quand on ne sait pas quoi écrire, on met « une source ». En tout cas, c’est une source très ancienne, et ce ne pouvait être que moi, cela remonte à 7 ans environ, puisque nous étions au temps béni où la France avait des relations diplomatiques avec la Fédération de Russie, de très grande qualité, et où nous avions une grosse clientèle russe. Malheureusement, Hollande est passé par là, cédant à la volonté des Américains. Le président actuel semble, malheureusement, être beaucoup plus tenté par la politique atlantiste que par la volonté de retisser des liens avec la Fédération de Russie, ce que je regrette.

Le gaulliste que je suis est plutôt attaché à ce que nous ayons la volonté de construire avec monsieur Poutine la grande Europe des Nations à laquelle je suis attaché. Et, bien évidemment, alors qu’en 1917, le Consulat général de Russie a fermé pour être installé à Marseille, il se trouve qu’Alexandre Orloff, l’ambassadeur de Russie, envisageait, dans ce temps où nous étions avec le Président Sarkozy dans des relations extrêmement constructives avec le Président Poutine, qui achetait des frégates à la France – j’étais un peu au cœur des négociations en tant que ministre de l’Industrie, à l’époque -, que monsieur Hollande lui a refusé quelque temps plus tard pour soutenir, en pleine crise industrielle, la France qui était l’amie de la Russie. Et donc, nous étions dans cette période où l’ambassadeur de Russie en France et le ministre des Affaires étrangères et le Président de la Fédération de Russie étaient désireux, près d’un siècle après la fermeture du Consulat général de Russie à Nice, de le faire revenir à Nice. Nous étions avec cette villa en pleine décrépitude, avec des fonctionnaires qui sont logés et qui travaillent dans de très mauvaises conditions là-haut. Je suis prêt à ce que l’on vous fasse faire une visite pour que vous le voyiez. Il y a même, dans ce jardin magnifique, des Algéco plantés par mon prédécesseur partout pour les faire travailler, tellement la maison elle-même est irrationnelle. Je me suis dit que si c’était l’occasion pour y installer le Consulat général de Russie pour le sud- est de la France, et le faire fermer à Marseille, c’était une belle opportunité.

Donc, ce qui est raconté dans l’actualité d’aujourd’hui remonte en réalité à 7 ans. Depuis 7 ans, fermez le ban. En réalité, depuis 6 ans exactement, les relations diplomatiques se sont durcies entre la Russie et la plupart des pays de l’Union européenne, suite à l’affaire de Crimée qui, pourtant, a toujours été russe pour moi, et les relations difficiles avec l’Ukraine. Mais, c’est comme cela. Depuis, nous avons sur les bras cette maison qui est magnifique de l’extérieur, mais qui a vraiment besoin que l’on y investisse avant qu’elle ne menace péril. Des jardins qui sont difficilement entretenus et peu fréquentés, pour une toute petite partie, par le public. C’est l’ancien Conservatoire régional de musique. Et je reconnais à mon prédécesseur d’avoir fait un très beau Conservatoire régional de musique à Cimiez, dont nous pouvons être fiers, et qui est un outil de formation de très grande qualité et d’une très grande valeur, qui fait partie désormais d’un patrimoine qui appartient aux Niçois aussi, qui s’est substitué à la Villa Paradiso. Et, dans le même esprit que la Villa Beluga, dont je vous rappelle que l’on y logeait gratuitement le recteur de l’académie de Nice, aujourd’hui, un particulier l’a achetée pour 3 100 000 €.

Si quelqu’un, parmi ceux qui me disent que c’est scandaleux d’avoir vendu la Villa Beluga, pourrait me dire ce qu’il en aurait fait et avec quels moyens il l’aurait entretenue, moi, je suis très heureux : c’est une villa qui est protégée, que l’on ne peut pas dénaturer, avec un bel espace naturel autour, et qui est aujourd’hui à un particulier qui a apporté 3,1 M€ dans les caisses de la Ville, et qui l’entretient, alors que nous n’en avions pas les moyens.

Que vous est-il proposé de voter aujourd’hui ?

Il vous est proposé d’autoriser la Ville à chercher un acquéreur sur la base de l’évaluation des Domaines de 7 M€. Peut-être que vous avez, avec les moyens qui vont avec, des projets pour la ville. Nous, nous avons essayé d’en identifier. Sincèrement, tel que c’est conçu, si l’on organise une visite – je le souhaite – vous vous rendrez compte qu’il n’y a aucun usage à en faire. Il va falloir faire des travaux d’entretien. Il va falloir que l’on se décide à enlever ces Algéco ignobles qu’il y a sous les yeux des grands immeubles de Cimiez où les copropriétaires nous font régulièrement des remarques désagréables, – ils ont raison -, que nous permettions aux fonctionnaires qui travaillent là-bas dans de mauvaises conditions de pouvoir y travailler dans de bonnes conditions ailleurs. Et après ?

Sur la base d’une évaluation des Domaines à 7 M€, chercher un acquéreur – ce qui ne veut pas dire le vendre n’importe comment à n’importe qui – qui corresponde à l’esprit de cette maison que nous voulons conserver, à savoir la protéger, l’entretenir, laisser un usage de jardin public au public. Le moment venu, si nous trouvons un acquéreur qui corresponde à l’idée que l’on peut se faire de la préservation de cette maison, de son entretien et de sa valorisation, il appartiendra au Conseil municipal de dire oui ou non. Mais, pourquoi s’interdire d’en chercher un ? Sachant que l’on a plus de chances, pour l’instant, de ne pas en trouver que d’en trouver. La réalité est là.

Votez ce que vous voulez, mais, moi, je ne vais pas proposer que l’on se prive de chercher un acquéreur ; ce qui, en aucun cas, ne signifie de la mettre en vente tant que nous n’aurons pas une proposition qui nous paraisse convenable et avantageuse pour la ville et pour la préservation de ce patrimoine auquel nous sommes attachés.

Sur cette base, je mets aux voix les rapports.

La délibération 16.1, mise aux voix, est adoptée à la majorité absolue.

Votent contre :

  • Dominique Boy-Mottard
  • Christine Dorejo
  • Patrick Allemand
  • Marc Concas
  • Paul Cuturello

S’abstiennent :

  • Juliette Chesnel (pouvoir F. Decoupigny)
  • Auguste Vérola