Approbation d’une convention avec le CCAS de Nice relative à la gestion des épisodes de grand froid

Conseil municipal du jeudi 11 octobre 2018

Délibération 14.2Approbation d’une convention avec le Centre Communal d’Action Sociale de Nice relative à la gestion des épisodes de grand froid

 

Mme MARTINAUX.

Comme chaque année, nous serons prêts, avec le CCAS et l’ensemble des partenaires, aussi bien associatifs qu’institutionnels.

[…]

M. LE MAIRE.

Je vous remercie. J’ai une demande d’intervention de Un autre avenir pour Nice. Monsieur Allemand ?

M. ALLEMAND.

Monsieur le Maire, j’interviens sur la 14.2 et l’approbation de la convention avec le Centre Communal dAction Sociale pour l‘épisode grand froid.

J’ai lu avec attention cette libération, et la convention jointe qui précise à la fois les missions de la Ville et les missions du CCAS, dans la mesure le préfet est amené à déclencher le plan grand froid. Je suis plutôt satisfait de cette convention qui fixe les responsabilités de chacun parce que je ne veux pas revoir ce que j’ai vu l’an passé : ce qui s’est passé a été véritablement indigne de notre Ville. Le gymnase de l’école Fuon Cauda a été ouvert pour les femmes et les familles, l’accueil était correct, avec une présence de la protection civile. En revanche, concernant les hommes, cest lancienne salle de lINS, rue Jules Michel, qui avait été choisie. Elle était beaucoup trop loin du centre-ville par temps de grandes intempéries : 4 kilomètres. Les SDF sont arrivés là-bas sous la neige, transis de froid. Ils ont dû en plus s’enfoncer dans l’impasse de la rue Jules Michel sans aucun éclairage et en pleine activité de deal. Ils arrivaient là-bas et avaient droit à un ou deux bols de soupe lyophilisée et à un biscuit. Il n’y avait même pas de pain, ni de vêtements de rechange.

Je ne sais pas s’il faut aller jusqu’à ce niveau de tails dans la convention, peut- être faut-il aussi létendre à des partenaires associatifs qui sont plus souples et qui peuvent réagir plus rapidement. Mais, en tout cas, il ne serait pas admissible de revoir cette situation cet hiver si, daventure, il fallait à nouveau déclencher le plan grand froid.

[…]

Mme MARTINAUX.

Je veux surtout répondre à monsieur Allemand : ce qui est indigne, c’est votre interpellation, en tant qu’élu de cette Ville, dans la méconnaissance des dispositifs qui sont déployés par la Ville de Nice au secours des publics les plus pauvres de notre ville.

Vous parlez de repas : 1 000 repas par jour sont distribués.

M. ALLEMAND.

Je ne parle pas de cela. On ne parle pas de la même chose.

Mme MARTINAUX.

Oui, vous parlez des gens qui ont été accueillis avec un bol de soupe. Je vous dis que 1 000 repas au minimum sont distribués par la Ville, chaque jour de l’année, samedis, dimanches, jours fériés compris, et moments de fête également compris. 1 000 repas par jour à tous les publics, même ceux qui ne sont pas de la compétence de la Ville parce que l’on considère que donner un abri et à manger est au-delà de toutes les réglementations. C’est ce qui est fait dans notre ville. Si vous ouvriez les yeux, vous seriez au courant. Je vous donne le décompte quand vous voulez. On va faire le tour quand vous voulez.

Ces gens qui ont été accueillis sur ce lieu avaient mangé avant. La seule chose, c’est que l’on considère que, même s’ils ont mangé avant, parce que, souvent, ils étaient récupérés sur les sites où il y avait la distribution alimentaire, où ils nous disaient qu’ils ne savaient pas où dormir. Ils ont donc été pris en charge par les équipes pour les mettre dans un endroit abrité, quand il y avait une défaillance de tous, et pas de la Ville, pour mettre en place ces dispositifs qui sont financés en totalité par la Ville ou avec un petit pourcentage d’aide de l’Etat, qui est largement insuffisante pour couvrir l’accompagnement de ces publics. La Ville remplit sa contribution. Et c’est parce que avons ce souci que, cette année encore, nous faisons un plan pour faire en sorte d’être prêts au moment où nous devrons mettre à l’abri ces femmes, ces enfants, qui sont du ressort du Conseil départemental et de l’État, ces publics parfois – il faut le dire – sans droit ni titre qui sont dans la rue. Et, pour autant, quand il fait très froid et quand ils n’ont pas à manger, nous voulons l’assurer.

Et le maire, le premier, m’appelle chaque fois en me disant : je vous donne carte blanche pour mettre en place tous les dispositifs.

Alors, aller se faire de la pub, faire le bœuf médiatique, pour apporter des plateaux à des gens qui sont dans la misère un jour J, quand toutes les associations sont sur le terrain jour après jour, samedis, dimanches et périodes de vacances, ce n’est pas une offense à la Ville que vous faites, c’est une offense à toutes les associations qui sont mobilisées tous les jours de l’année.

Je peux vous assurer que nous aurons le souci d’accompagner le plus dignement ces publics. Je vous rappelle aussi que la Ville de Nice assure un hébergement d’urgence au-delà de ses missions. C’est quasiment un hôtel particulier qui est ouvert à ces gens qui sont SDF. C’est aller même beaucoup plus loin parce qu’ils n’y restent pas très longtemps, et nous sommes en train de mettre, avec le « Logement d’abord », avec tous les parcours de pensions de famille, avec les CHRS, avec le partenariat de toutes les associations que j’associe quelle que soit leur sensibilité politique – nous sommes tous main dans la main. Quand je réagis comme cela, c’est vraiment avec elles derrière moi parce que je trouve offensant de faire une déclaration comme celle-là quand tout le monde se mobilise, avec une énergie extraordinaire, pour faire en sorte que personne ne soit oublié.

Concernant la délibération évoquée par madame Boy-Mottard, c’est un état. J’étais dans cette cité U quand je faisais mes études et, déjà à l’époque – et cela remonte à 30 ans -, j’étais membre du CROUS, j’en étais même l’une des vice-présidentes, donc je plaidais pour la réhabilitation de ces chambres. Bien heureux qu’enfin, on réhabilite et, bien évidemment, que la Ville y apporte sa part. Il est important que tous les acteurs y apportent toute leur part, quand on part du principe que l’avenir, ce sont nos jeunes, et que l’on définit, dans tous les plans, y compris le plan de lutte contre la pauvreté – ce sont souvent des jeunes un peu en difficultés qui peuvent s’y retrouver -, un accompagnement digne, pour faire en sorte qu’ils puissent étudier le plus sereinement possible. Donc, bien évidemment, nous soutenons ce projet, et nul doute que la Ville accompagnera jusqu’au bout. Nous espérons avoir une très belle inauguration de très beaux locaux que nous aurions aimé avoir quand nous étions étudiants.

M. LE MAIRE.

Sur la base de ces réponses, je mets aux voix les rapports.

La délibération n° 14.1, mise aux voix, est adoptée à l’unanimité.

La délibération 14.2, mise aux voix, est adoptée à l’unanimité des suffrages exprimés.

Ne prennent pas part  au vote :

  • Liliane Carreau
  • Christine Dorejo
  • Dominique Estrosi-Sassone
  • Pascale Ferralis
  • Joëlle Martinaux
  • Hélène Saliceti-Adroguer
  • Jacques Dejeandile
  • Christian Estrosi
  • Olivier Guérin